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Le chômage des jeunes a progressé dans le monde en 2025, selon une information rapportée par Le Figaro, dans un contexte où l’essor de l’intelligence artificielle modifie les conditions d’accès au premier emploi. Cette hausse touche une catégorie déjà exposée aux contrats courts, aux stages prolongés et aux recrutements différés. Elle éclaire une tension de fond, la reprise économique ne garantit plus automatiquement l’intégration rapide des nouveaux entrants sur le marché du travail.
Le Figaro pointe une hausse mondiale en 2025
L’information publiée par Le Figaro met l’accent sur une progression du chômage des jeunes à l’échelle mondiale en 2025. La formulation souligne un phénomène large, qui dépasse les seules difficultés nationales et renvoie à un marché du travail plus fragmenté. Les moins de 25 ans arrivent dans l’emploi avec des diplômes, des compétences numériques et une forte mobilité, mais ils restent les premiers touchés quand les entreprises ralentissent leurs embauches.
Cette évolution intervient après plusieurs années marquées par une alternance de reprises partielles et de tensions économiques. Dans de nombreux pays, les jeunes actifs occupent plus souvent des postes temporaires, des missions d’intérim ou des emplois de service faiblement protégés. Quand la demande se contracte, ces contrats sont les premiers non renouvelés. De ce fait, une hausse mondiale du chômage dans cette classe d’âge traduit autant la prudence des employeurs que la faiblesse des dispositifs d’insertion.
La référence à l’intelligence artificielle ajoute une dimension nouvelle. Les technologies d’automatisation ne suppriment pas seulement certains emplois anciens, elles modifient aussi les tâches attribuées aux débutants. Dans les métiers administratifs, commerciaux, juridiques ou créatifs, une partie du travail d’exécution servait jusque-là de porte d’entrée. Les entreprises peuvent désormais déléguer ces tâches à des outils logiciels, ce qui réduit le nombre de postes juniors ouverts.
Le phénomène doit être observé avec prudence, car les situations restent très différentes selon les régions, les niveaux de diplôme et les secteurs. Néanmoins, le signal est net pour les politiques publiques. L’enjeu ne porte pas uniquement sur le nombre d’emplois créés, mais sur leur accessibilité aux jeunes actifs. Un marché dynamique peut laisser de côté les profils sans expérience si les recruteurs exigent immédiatement autonomie, productivité et maîtrise avancée des outils numériques.
L’IA fragilise les postes d’entrée en entreprise
L’essor de l’IA générative transforme particulièrement les emplois d’entrée dans les bureaux. Les jeunes salariés étaient souvent recrutés pour produire des synthèses, préparer des tableaux, rédiger des courriels, effectuer une veille documentaire ou assister des équipes commerciales. Ces missions existent encore, mais elles peuvent être accélérées, regroupées ou partiellement automatisées. Pour un employeur, la tentation consiste à confier moins de tâches simples à des juniors et davantage de supervision à des salariés expérimentés.
Cette mutation ne signifie pas la disparition automatique de tous les emplois débutants. Elle change la définition du profil attendu. Un candidat junior doit désormais prouver qu’il sait utiliser des outils d’automatisation, vérifier leurs résultats, repérer les erreurs et comprendre les données manipulées. Le niveau d’exigence monte dès le premier poste. Les entreprises parlent de productivité, mais le risque social est clair, une génération entière peut se voir demander une expérience qu’elle n’a pas encore eu le temps d’acquérir.
Dans les services aux entreprises, la finance, la communication, le support client et certaines fonctions juridiques, les gains de temps annoncés par les logiciels déplacent les besoins de main-d’œuvre. Les tâches répétitives deviennent moins nombreuses, tandis que les compétences de contrôle, d’analyse et de relation client prennent plus de poids. Les jeunes diplômés qui disposent d’un accompagnement solide peuvent en tirer parti. Ceux qui sortent de formations moins connectées aux pratiques récentes rencontrent un obstacle supplémentaire.
Le débat ne se limite pas à la technologie. Il concerne aussi l’organisation du travail. Former un débutant demande du temps, des tuteurs et une stratégie d’intégration. Dans un contexte de coûts élevés, certaines entreprises réduisent ces efforts. Le premier emploi devient alors un filtre plus sévère. Cette évolution pèse sur les revenus, l’accès au logement et l’autonomie des jeunes ménages, avec des effets qui dépassent largement la seule statistique du chômage.
Les moins de 25 ans affrontent des recrutements sélectifs
Pour les moins de 25 ans, la hausse du chômage s’inscrit dans un parcours d’insertion de plus en plus discontinu. Entre fin d’études, stages, alternance, contrats courts et périodes sans activité, l’entrée dans la vie professionnelle prend souvent plusieurs années. Les recruteurs recherchent des profils immédiatement opérationnels, capables de s’adapter à des outils récents et à des méthodes de travail hybrides. Cette exigence renforce l’écart entre les jeunes bien accompagnés et ceux qui disposent de réseaux plus limités.
La sélectivité concerne aussi les secteurs traditionnellement considérés comme accessibles. Le commerce, l’hôtellerie, la logistique ou les centres de relation client restent pourvoyeurs d’emplois, mais ils se numérisent rapidement. Planning automatisé, suivi des performances, outils de caisse connectés, plateformes internes et assistance algorithmique exigent une aisance technique plus forte. Le diplôme n’est pas le seul critère, mais la capacité à apprendre vite devient centrale.
Les jeunes sans qualification ou sortis précocement du système scolaire restent les plus exposés. Ils subissent la concurrence de candidats plus diplômés qui acceptent des postes d’attente, surtout dans les périodes de ralentissement. D’autre part, les entreprises disposent d’un choix plus large quand les candidatures augmentent. Elles peuvent repousser leurs décisions, multiplier les entretiens et privilégier des profils déjà passés par l’alternance ou par un stage long.
Cette situation nourrit une inquiétude sociale. Un chômage prolongé au début de la carrière peut peser sur les salaires futurs et retarder l’acquisition de compétences. Les économistes parlent souvent d’effet de cicatrice pour décrire cette perte durable. Les politiques de formation et d’accompagnement doivent donc cibler les premiers mois après la sortie d’études. C’est à ce moment que se jouent l’accès au réseau professionnel, la confiance et la capacité à rebondir après un refus.
OIT, États et entreprises ajustent leurs réponses
Face à cette tension, l’OIT, les gouvernements et les entreprises sont appelés à adapter leurs réponses. La priorité consiste à éviter que l’intelligence artificielle ne devienne un facteur d’exclusion pour les nouveaux entrants. Les politiques d’emploi ne peuvent plus se limiter à subventionner des embauches. Elles doivent aussi intégrer la formation aux outils numériques, la certification des compétences et la création de parcours progressifs vers les métiers les plus transformés.
Les États disposent de plusieurs leviers. L’apprentissage, les contrats aidés ciblés, les écoles de la deuxième chance et les programmes de reconversion courte peuvent réduire les écarts. Leur efficacité dépend néanmoins de leur lien avec les besoins réels des entreprises. Former massivement à des outils qui changent vite ne suffit pas. Les jeunes doivent apprendre à vérifier une information produite par machine, protéger des données, travailler en équipe et expliquer leurs choix professionnels.
Les entreprises ont aussi une responsabilité directe. Si elles tirent des gains de productivité de l’automatisation, elles peuvent réinvestir une partie de ces gains dans le tutorat et les postes juniors. Certaines fonctions pourraient être repensées autour de binômes, associant un salarié expérimenté et un débutant chargé de préparer, contrôler ou enrichir les productions assistées par logiciel. Cette organisation maintient une transmission des savoirs, sans renoncer aux outils récents.
Les partenaires sociaux surveillent également les effets sur la qualité de l’emploi. La question n’est pas seulement de créer des postes, mais de garantir des trajectoires. Un jeune qui enchaîne missions courtes et périodes d’inactivité risque de sortir des radars administratifs. Les services publics de l’emploi doivent donc combiner suivi individuel, orientation sectorielle et liens plus étroits avec les employeurs locaux. Dans les prochains mois, les indicateurs de recrutement des diplômés, des apprentis et des jeunes sans qualification seront particulièrement suivis.
Questions fréquentes
- Pourquoi l’IA pèse-t-elle sur l’emploi des jeunes ?
- L’IA automatise une partie des tâches simples souvent confiées aux débutants, comme la rédaction, la synthèse ou le traitement de données. Les entreprises demandent donc plus vite des compétences de contrôle, d’analyse et d’usage des outils numériques.
- Quels jeunes sont les plus exposés au chômage ?
- Les jeunes sans qualification, les diplômés de formations peu connectées aux besoins récents et les candidats sans expérience longue sont les plus vulnérables. Les moins de 25 ans subissent aussi davantage les contrats courts et les recrutements différés.
- Quelles réponses peuvent limiter cette hausse ?
- Les réponses les plus efficaces combinent formation numérique, alternance, tutorat en entreprise et accompagnement personnalisé. Les employeurs peuvent aussi maintenir des postes juniors en intégrant l’IA comme outil d’apprentissage plutôt que comme simple substitut.
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