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Contrats avec des multinationales : Fayulu et Lamuka seront-ils en mesure de rembourser leurs dettes ?

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La coalition LAMUKA qui a soutenu la candidature à la présidence de Martin Fayulu le 23 décembre 2018, qui a finalement eu lieu le 30 décembre 2018, semble être prise dans une spirale sans fin de dette et de défection. Personne ne peut prédire comment la campagne de Martin Fayulu a été financée. Par des millions de Moise Katumbi et de l’ancien millionnaire Jean-Pierre Bemba? En tout cas, tout le monde sait qu’ils n’ont pas grand-chose dans le monde des affaires en RDC ou à l’international.

Comment les multinationales ont voulu installer une mafia en RDC.

Une chose est toutefois sûre : le Congo est un des pays les plus riches au monde en matières premières, et cette richesse est le véritable enjeu de toutes les luttes dans ce pays. Les principaux responsables de ce paradoxe congolais sont clairement les grandes multinationales qui défendent leurs intérêts à tout prix.

En 2015, le Pr Stefaan Marysse, qui suit de près l’économie congolaise depuis trois décennies, constatait que le raisonnement des institutions financières internationales (Banque mondiale et FMI) ne tenait pas la route. Les investissements étaient censés créer de l’emploi et combattre ainsi la pauvreté. Marysse note cependant qu’après douze ans, l’emploi créé est quasiment nul et que la pauvreté continue d’augmenter.

Marysse met en garde contre « l’hémorragie causée par la logique économique des multinationales ». Il fait référence aux nombreux milliards de dollars que les multinationales minières, après quelques années d’investissements, ont retirés du pays à partir de 2013.

Le 10 juin 2015, lors d’une conférence, il évoquait un « modèle économique néocolonial » dans lequel le rôle du Congo reste limité à fournir des matières premières bon marché aux multinationales étrangères pendant que le peuple congolais reste dans la pauvreté. Ce modèle économique néocolonial reposait entre autres sur le très inéquitable code minier de 2002.

Kabila a vite compris et a décidé de tourner le dos à ses anciens collaborateurs.

En 2009, les autorités congolaises, dont on sait qu’elles sont traversées par différents intérêts, ont commencé à négocier un nouveau code minier avec les multinationales. Toutefois, celles-ci n’étaient pas du tout disposées à diminuer ne fût-ce que d’un peu leurs énormes profits. Le nouveau code minier présenté en 2017 prévoit entre autres une augmentation des taxes sur le cobalt de 2 % à 10 % et 50 % sur les superprofits.

Les multinationales ne décolèrent pas et défendent leurs profits face à ce nouveau code

Les sept plus grandes multinationales, qui selon leurs propres dires représentent 85 % de la production minière congolaise, ne décolèrent pas et exigent d’être exemptées des nouveaux tarifs jusqu’au moins 2028.

En novembre 2017, après plus de cinq années de négociations, Albert Yuma, le patron de l’entreprise d’État congolaise Gécamines, a déclaré : « On nous a trompés en 2000, a-t-il déclaré. On nous a dit que le Congo était incapable d’exploiter seul ses matières premières et on nous a dit que nous avions besoin de partenaires.» Selon Yuma, en 2016, même avec les très bas tarifs fiscaux du code minier de 2002, “l’État aurait dû recevoir 768 millions de dollars d’impôts des grandes entreprises minières et “nous avons reçu zéro ; nos partenaires se sont arrangés pour, chaque année, soi-disant réaliser moins de bénéfices”. Yuma évoquait là le fait que, même avec les bas tarifs du code minier, les grandes entreprises minières pratiquent encore l’évasion fiscale.

Yuma a menacé de revoir unilatéralement les contrats avec les entreprises minières étrangères. « Je dis revoir, pas renégocier, c’est nous qui fixerons les critères. » Le langage ferme de Yuma a apparemment eu de l’effet. Durant les six premiers mois de 2018, les rentrées de l’État provenant du secteur minier ont triplé par rapport à la même période en 2017 (passant de 295 millions à 864 millions de dollars). En même temps, le gouvernement congolais a continué dans l’élaboration d’un nouveau code minier qui a finalement été voté en mars 2018 et a été appliqué à partir de juillet de cette même année.

Mais les grandes entreprises minières ne l’entendent pas de cette oreille: fin août, les sept plus grandes entreprises minières ont fondé la « Mining Promotion Initiative », une organisation qui affirme vouloir empêcher l’application du nouveau code.Pour les multinationales occidentales, “la RDC est « notre arrière-cour », si cela va mal là-bas, nous serons les premiers à en être les victimes. »

Genève: Début d’un putch entre LAMUKA et les multinationales.

La raison pour laquelle les politiciens occidentaux veulent garder la main au Congo est évidente. Le 13 avril 2018, Alexander De Croo déclarait :« La dernière chose que nous devons faire en Europe, c’est tourner le dos à Kabila. Parce que d’autres partenaires prendront notre place.» Un peu plus tard, il justifie l’ingérence permanente de la Belgique et de l’Europe en RDC :« C’est notre arrière-cour. Si cela va mal là-bas, nous serons les premiers à en être les victimes. »

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de cette publication consacrée sur le financement à l’américaine de la campagne de Martin Fayulu.


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