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Cent onze sites industriels ouverts sur trois jours, 93 milliards d’euros d’investissements étrangers annoncés : le sommet Choose France 2026 s’est voulu vitrine et examen de passage à la fois.
La formule était inédite. Avant de réunir les grands patrons mondiaux sous les ors de Versailles, Emmanuel Macron a voulu montrer l’industrie française à ceux qui n’en voient jamais l’intérieur : les habitants des territoires qui l’accueillent. C’est ainsi que sont nées les “Journées Choose France”, calquées sur le modèle des Journées du patrimoine, organisées les 29, 30 et 31 mai 2026 sur l’ensemble du territoire.
Le président s’est lui-même prêté à l’exercice. Le 29 mai, il visitait l’usine Vorwerk de Donnemain-Saint-Mamès, en Eure-et-Loir, là où sont fabriqués les appareils Thermomix, pour signifier que l’attractivité n’est pas une abstraction réservée aux salles de conférence.
111 sites, 92 entreprises, trois jours pour convaincre
L’ampleur du dispositif dépasse ce que laissait attendre l’annonce initiale de Macron, faite le 22 avril 2026 : selon La Tribune, 111 sites appartenant à 92 entreprises ayant investi en France ont ouvert leurs portes au grand public pendant ces trois jours. Usines automobiles, sites pharmaceutiques, centres de données, entrepôts logistiques, ateliers artisanaux : le panel voulu représentatif de ce que produisent concrètement les investisseurs étrangers installés sur le sol français.
L’objectif affiché était de montrer “les emplois, les métiers et les retombées locales” de ces décisions d’investissement, selon La Tribune. Un discours de terrain assumé, dans un contexte où la critique du “Choose France pour qui ?” monte régulièrement, notamment sur la question du nombre d’emplois réellement créés.
Challenges relevait en parallèle qu’une cinquantaine de sites avaient été ouverts lors de l’édition précédente selon ses propres décomptes, ce qui illustre la montée en puissance du dispositif entre les deux formats.
93 milliards d’euros : un record revendiqué, une traçabilité à prouver
La neuvième édition de Choose France a débuté le 1er juin 2026 en présence du président, qui a annoncé des investissements étrangers pour un montant qualifié de “record de 93 milliards d’euros”, permettant de créer “plus de 15 000 emplois”, selon Le Monde. Ce total correspond à 71 annonces liées au sommet.[5]
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Investissements étrangers annoncés | 93 milliards d’euros (record) |
| Nombre d’annonces liées au sommet | 71 |
| Emplois attendus | Plus de 15 000 |
| Sites industriels ouverts au public | 111 |
| Entreprises participantes | 92 |
| Jours d’ouverture (Journées Choose France) | 3 (29, 30 et 31 mai 2026) |
Source : Le Monde et La Tribune
Le chiffre de 93 milliards est la première fois que la barre des 90 milliards est franchie depuis la création de l’événement. Mais l’exécutif sait que le volume brut d’annonces ne suffit plus à convaincre. La question qui revient dans les rédactions et au Parlement est celle de la traduction concrète : combien d’emplois réels, dans quels bassins, à quelle échéance.
Pourquoi les Journées Choose France changent la mise en scène industrielle
La neuvième édition, probablement la dernière de Macron à Versailles
Pour Macron, ce sommet a une dimension particulière. La Tribune le décrit comme “probablement la dernière grand-messe versaillaise de son double mandat”, ce qui lui donne valeur de bilan.[3] Challenges qualifie Choose France de “bébé” du président, une marque élyséenne construite depuis son premier mandat pour repositionner la France comme destination d’investissement après des années de défiance des grandes multinationales.
La question posée ouvertement par La Tribune est de savoir si l’attractivité peut survivre à son concepteur. Le sommet, sans Macron, gardera-t-il la même force de conviction auprès des PDG étrangers ? La réponse appartient à 2027.
Industrie stricte ou data centers : le vrai test
L’enjeu de crédibilité dépasse le symbole des portes ouvertes. La Tribune formule l’exigence clairement : Choose France 2026 devra démontrer que la France attire des projets industriels au sens strict, “usines, lignes de production, sites de R&D”, et pas seulement des centres de données ou des sièges régionaux.[3] La distinction compte pour les territoires, pour les filières et pour l’emploi qualifié.
Les Journées Choose France fournissent, selon le même journal, “un début de réponse” à cette question de l’ancrage territorial. Un début, seulement.
Un format qui s’installe dans le paysage industriel
L’idée d’ouvrir les usines sur le modèle des Journées du patrimoine n’est pas anodine sur le plan symbolique. Elle place l’outil industriel au même niveau que le château médiéval ou l’abbaye romane : un bien collectif, une fierté locale, quelque chose qui mérite d’être vu et compris plutôt que subi comme une nuisance ou ignoré.
Macron avait annoncé le principe dès le 22 avril 2026, en prévoyant ces journées pour le week-end précédant le sommet de Versailles, soit les 30 et 31 mai selon Le Parisien. Le dispositif a finalement démarré dès le 29 mai, couvrant trois jours complets.[1]
Si le format perdure au-delà du quinquennat, il pourrait devenir un outil récurrent de communication industrielle, indépendant du sommet lui-même. Ce qui reste à arbitrer par le prochain locataire de l’Élysée.
Choose France 2026 : les chiffres à retenir
- 111 sites industriels ouverts les 29, 30 et 31 mai 2026 dans toute la France
- 93 milliards d'euros d'investissements étrangers annoncés : un record selon Macron
- 71 annonces liées au sommet, pour plus de 15 000 emplois attendus
- Le format s'inspire des Journées du patrimoine pour valoriser usines, pharma et data centers
- Neuvième et probablement dernière édition versaillaise du mandat Macron
Sources
3 sources · 4 faits sourcés
- PIB français au T1 2026 : la Banque de France visait 0,3%, l’Insee constate -0,1% - juin 14, 2026
- Journées Choose France 2026 : 111 sites industriels ouverts au public, 93 milliards d’euros annoncés - juin 14, 2026
- Thomas Pesquet commandera la mission PAM-6 vers l’ISS au plus tôt à l’été 2027 - juin 14, 2026
