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À dix-huit mois de la présidentielle de 2027, les entreprises de taille intermédiaire françaises mettent la pression sur les candidats : fiscalité, transmission et réindustrialisation sont leurs chevaux de bataille.
Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire, le Meti, n’attend pas le lancement officiel de la campagne. Ses membres s’organisent, auditionnent les équipes des candidats, et font passer leurs messages sur la compétitivité bien avant que les affiches ne s’affichent. La méthode est rodée : mobiliser les dirigeants, fédérer les demandes, peser sur les programmes.
Les ETI représentent un tissu industriel souvent invisible dans le débat public, mais ancré dans les territoires. Selon Le Parisien, 68 % de leurs sièges se trouvent hors d’Île-de-France, et 75 % de leurs sites de production sont implantés dans des villes moyennes. Ce sont ces bassins d’emploi que le Meti entend défendre face aux arbitrages budgétaires.
La baisse des impôts de production, revendication numéro un
Le sujet revient à chaque cycle électoral, mais l’urgence s’est renforcée. Le Meti a publié, avec 113 dirigeants d’ETI, une tribune dans Le Figaro réclamant explicitement une baisse des impôts de production en France [1]. L’argument est constant : ces prélèvements pèsent sur les entreprises avant même qu’elles dégagent un bénéfice, pénalisant l’investissement et l’emploi industriel.
Le contexte budgétaire rend la négociation difficile. Selon Le Monde, la surtaxe sur les profits des grands groupes sera maintenue à près de 8 milliards d’euros en 2026, au lieu d’être divisée par deux comme prévu [3]. Pour les ETI, qui ne sont pas les premières visées par cette mesure, le signal reste négatif : la pression fiscale globale ne se desserre pas.
Transmission et gouvernance familiale : un dossier sensible
Derrière la fiscalité de production se cache un autre enjeu structurel : la transmission d’entreprise. Les ETI sont majoritairement familiales, et leurs dirigeants veillent à ce que les règles successorales ne les contraignent pas à céder leur capital à des fonds étrangers pour payer des droits. Les entreprises familiales affichent, selon les représentants du secteur, une capacité de résistance et d’adaptation supérieure à la moyenne, précisément parce qu’elles raisonnent sur le long terme.
Le Meti et la Banque Palatine ont lancé conjointement la Fondation des ETI pour fédérer les initiatives philanthropiques du secteur. Seules 12 % des PME et ETI disposaient jusqu’ici d’une fondation ou d’un fonds de dotation [1].
L’industrie française cherche sa place dans les programmes
La réindustrialisation n’est pas qu’un slogan. Les ETI le savent mieux que personne : elles produisent, elles exportent, elles forment. Mais elles estiment ne pas peser suffisamment dans les arbitrages politiques face aux grands groupes du CAC 40 et aux PME, qui bénéficient chacun de dispositifs dédiés.
L’audition des représentants des candidats devant les organisations patronales est une pratique que le Meti entend intensifier d’ici à 2027. L’objectif : obtenir des engagements précis sur la compétitivité industrielle, avant que les promesses ne se dissolvent dans les contraintes budgétaires post-électorales.
Le gouvernement avait engagé depuis deux ans un ensemble d’actions pour soutenir la résilience des ETI, selon Le Figaro. Leurs représentants veulent désormais que cet effort soit gravé dans les programmes, pas seulement dans les discours.
Sources
2 sources · 3 faits sourcés
- Marché de l’emploi en 2026 : 60 600 postes détruits et seulement 46 % des entreprises prêtes à recruter - juillet 2, 2026
- ETI et présidentielle 2027 : fiscalité et industrie au cœur des revendications patronales - juillet 2, 2026
- 800 scientifiques alertent sur les coupes budgétaires au CNES : 430 millions en jeu - juillet 2, 2026
