KivupressActualitesEn Corée du Sud, avatars de défunts par IA, voix et visage...

En Corée du Sud, avatars de défunts par IA, voix et visage recréés, ce que ces familles osent demander aux machines

Publié le

spot_img

En Corée du Sud, des familles se tournent de plus en plus vers l’intelligence artificielle pour créer l’avatar d’un proche disparu, selon franceinfo. Ces services, encore coûteux et très encadrés dans leur usage, promettent de restituer une voix, un visage ou une conversation à partir d’archives numériques. Le phénomène révèle une mutation du rapport au deuil dans un pays très connecté, où les innovations audiovisuelles, les plateformes numériques et les rites familiaux cohabitent désormais autour d’une même question sensible : que peut-on demander à une machine lorsqu’il s’agit de maintenir un lien avec les morts ?

Séoul voit progresser les avatars funéraires par IA

Le développement des avatars de défunts en Corée du Sud s’inscrit dans un environnement technologique particulièrement favorable. Le pays dispose d’un accès massif au très haut débit, d’une industrie de l’image avancée et d’un public habitué aux usages numériques dans la vie quotidienne. Dans ce contexte, le deuil numérique n’apparaît plus seulement comme une pratique marginale, mais comme une offre commerciale identifiée par plusieurs acteurs du secteur.

Le principe repose sur la collecte de traces laissées par la personne décédée : vidéos familiales, messages vocaux, photographies, parfois publications sur les réseaux sociaux. Ces données permettent à des logiciels de reconstruire un visage animé, une voix synthétique et des réponses préparées. L’expérience varie selon les prestataires. Certains proposent une courte vidéo commémorative, d’autres un échange plus interactif avec un avatar présenté sur écran ou dans un environnement immersif.

Cette évolution touche une société où les rites funéraires occupent une place structurante. Les familles sud-coréennes entretiennent encore des formes de mémoire très ritualisées, notamment lors de cérémonies familiales ou de visites aux lieux de sépulture. L’arrivée de l’IA générative ne remplace pas ces pratiques, mais elle ajoute un espace nouveau : celui d’une présence artificielle, disponible après la mort, consultable dans un cadre intime ou commercial.

Les promoteurs de ces outils évoquent un accompagnement du deuil, surtout pour des personnes qui n’ont pas pu dire adieu. Des psychologues invitent à la prudence. Une image trop réaliste, une voix trop familière ou une conversation simulée peuvent aider certains endeuillés, mais fragiliser d’autres personnes. Le sujet progresse donc entre innovation, marché émergent et interrogation clinique, avec des familles attirées par une promesse forte : revoir un proche, même sous forme numérique.

Studio coréen enregistrant des données pour un avatar mémoriel IA
La création d’un avatar repose sur des images, des voix et des expressions collectées avec soin.

DeepBrain AI structure un marché mémoriel sensible

Parmi les entreprises souvent citées dans ce domaine figure DeepBrain AI, société sud-coréenne connue pour ses technologies d’humains virtuels. Son offre mémorielle, associée à Re;memory, illustre la manière dont un savoir-faire initialement conçu pour la vidéo, le service client ou les présentations automatisées peut être adapté au secteur funéraire. Le dispositif repose sur l’enregistrement préalable d’images, de paroles et d’expressions, puis sur leur transformation en représentation numérique.

La promesse commerciale est simple à comprendre, mais complexe à mettre en œuvre. Pour produire un avatar convaincant, les entreprises ont besoin de nombreux fichiers et d’un traitement minutieux. Les proches doivent sélectionner des souvenirs, valider des phrases possibles, choisir le ton général et décider du degré de ressemblance acceptable. Plus l’avatar se veut réaliste, plus la question des données personnelles devient centrale, car il ne s’agit pas seulement d’un portrait, mais d’une identité recomposée.

Le coût de ces prestations limite encore leur diffusion à un public relativement aisé ou à des familles prêtes à consacrer un budget important à une cérémonie mémorielle numérique. Les prestataires avancent souvent un argument de personnalisation : l’avatar peut être présenté lors d’un hommage, conservé comme archive familiale ou intégré à un espace de souvenir. Cette logique transforme une partie des services funéraires, traditionnellement centrés sur le cercueil, l’urne, la salle de cérémonie et la tombe.

Les professionnels du secteur observent ce marché avec attention, car il élargit la chaîne de valeur autour du décès. Pompes funèbres, studios vidéo, plateformes d’IA et familles se retrouvent autour d’un produit hautement émotionnel. Cette proximité avec la douleur impose une responsabilité particulière. La frontière entre service d’accompagnement et exploitation commerciale du chagrin peut devenir fragile lorsque la technologie promet une présence presque vivante.

Juriste à Séoul discutant du consentement pour avatar post mortem
Le consentement et la conservation des données deviennent des enjeux centraux.

Les familles coréennes recherchent une présence numérique encadrée

Pour les familles coréennes, l’intérêt pour ces avatars ne se réduit pas à la fascination technologique. Le recours à l’IA survient souvent après une perte brutale, une maladie longue ou une absence de derniers échanges. Dans ces situations, entendre une voix synthétique proche de celle du défunt peut produire un effet très puissant. Certains proches y voient une archive vivante, comparable à un album vidéo enrichi, plutôt qu’une tentative de nier la mort.

Cette distinction joue un rôle majeur. Lorsque l’avatar est présenté comme un souvenir, l’usage peut s’intégrer à une démarche de mémoire. Lorsqu’il est perçu comme un interlocuteur disponible, la relation devient plus ambiguë. Les spécialistes du deuil rappellent que l’acceptation de la perte passe souvent par l’intégration progressive de l’absence. Un outil qui donne l’impression d’une continuité permanente peut retarder ce processus chez certaines personnes vulnérables.

Les usages varient aussi selon les générations. Des jeunes adultes, déjà familiers des filtres vidéo, des assistants conversationnels et des contenus générés par IA, peuvent juger ces avatars moins déroutants que leurs aînés. À l’inverse, certains parents ou grands-parents y voient une atteinte au repos du défunt. Cette différence de perception nourrit des discussions familiales concrètes : qui décide de créer l’avatar, qui peut y accéder, combien de temps le conserver, faut-il le montrer aux enfants ?

La question des rites familiaux reste déterminante. Dans un pays où la mémoire des ancêtres conserve une forte portée sociale, l’avatar peut être interprété comme un prolongement moderne du souvenir. Mais cette lecture ne fait pas consensus. Des familles préfèrent maintenir une séparation nette entre images d’archives et simulations interactives. D’autres acceptent un usage ponctuel, par exemple lors d’un anniversaire de décès, sans vouloir installer une conversation régulière avec la personne disparue. Ces pratiques dessinent un paysage mouvant, où l’accompagnement du deuil dépend moins de la performance technique que du cadre posé autour de l’expérience.

Le consentement post mortem devient une question juridique

L’essor des avatars de défunts place les autorités et les juristes face à une question délicate : peut-on recréer une personne sans consentement explicite donné de son vivant ? En Corée du Sud, la protection des informations personnelles repose notamment sur le Personal Information Protection Act, un cadre reconnu comme exigeant. Mais les avatars mémoriels bousculent les catégories habituelles, car ils mobilisent des données biométriques, vocales, familiales et émotionnelles.

Le consentement devient le point central. Si une personne a accepté avant sa mort la création d’un avatar, le cadre paraît plus clair. Si la décision revient aux proches, les risques de conflit augmentent. Un conjoint, des enfants adultes ou des parents peuvent avoir des attentes différentes. L’image du défunt devient alors un objet de décision collective, parfois sensible, surtout lorsque l’avatar reproduit des paroles ou des attitudes qui engagent sa mémoire publique.

Les juristes soulignent aussi le risque de détournement. Une technologie capable de recréer une apparence et une voix peut servir à des hommages familiaux, mais aussi à des usages frauduleux, commerciaux ou diffamatoires. La question ne concerne donc pas seulement la sphère privée. Elle touche à la protection biométrique, à la responsabilité des plateformes et à la conservation des fichiers. Qui garde les données ? Pendant combien de temps ? Peuvent-elles être supprimées définitivement ? Ces interrogations prennent une importance particulière lorsque l’entreprise prestataire disparaît, change de propriétaire ou modifie ses conditions d’utilisation.

La Corée du Sud n’est pas seule face à ce débat, mais son avance technologique rend le sujet plus visible. Les autorités peuvent être conduites à préciser les règles applicables aux avatars post mortem, notamment sur l’autorisation préalable, l’accès des héritiers et le droit à l’effacement. Les familles, elles, avancent plus vite que les normes, portées par la douleur, la curiosité ou le désir de préserver une voix. Dans cet espace encore peu stabilisé, les entreprises devront prouver que la mémoire numérique ne se construit pas au détriment de la dignité des personnes décédées.

Questions fréquentes

Pourquoi les avatars de défunts se développent-ils en Corée du Sud ?
La Corée du Sud combine un haut niveau d’équipement numérique, une industrie audiovisuelle avancée et une forte attention portée aux rites familiaux. Ces conditions favorisent l’apparition de services capables de transformer des archives personnelles en avatars mémoriels.
Ces avatars peuvent-ils aider les familles en deuil ?
Ils peuvent offrir un support de mémoire à certaines personnes, notamment lorsque la perte a été brutale. Les psychologues recommandent néanmoins un cadre prudent, car une simulation trop réaliste peut troubler le processus de deuil chez des personnes fragilisées.
Quelles données sont nécessaires pour créer un avatar de défunt ?
Les prestataires utilisent généralement des vidéos, des photos, des enregistrements vocaux et parfois des textes. Ces éléments servent à reproduire le visage, la voix, les expressions et certaines réponses préparées.
Le consentement du défunt est-il indispensable ?
Le consentement donné de son vivant offre le cadre le plus clair. Sans accord explicite, la décision revient souvent aux proches, ce qui peut créer des désaccords familiaux et poser des questions juridiques sur l’identité numérique.

IA dans la machine à laver LG, cycles automatisés, réglages réduits, ce qui change pour votre lessive à la maison en 2026

Rédacteur chez KivuPress.info
Accros à l’actu sur internet, vous aimez suivre l'actualité,alors suivez le site Kivupress ;Je suis passionnée par les Technologies du Web, l'information en générale. Je vous invite à proposer des actualités en nous adressant une news via le formulaire de contact. Nous publions toutes les informations chaudes du moment ; des news toutes fraiches que vous nous apporterez. Au plaisir d’échanger sur vos besoins.

Actualités

Deux stratégies numériques, Al-Qaida et État islamique face à l’IA, ce que surveillent déjà les services de sécurité

Au 21 août 2026, l'information publiée par Mondafrique met en lumière une divergence devenue...

20 août 2026, agritech, cybersécurité et santé, ce rapprochement Vietnam-Israël ouvre un chantier majeur inattendu

Le Vietnam et Israël ouvrent de nouvelles perspectives de coopération technologique, selon une information...

Binance lance Agent OS pour le trading IA crypto, une plateforme sous surveillance, ce que le géant doit affronter

Binance lance Agent OS, une plateforme destinée aux applications de trading IA, selon une...

Recherche d’emploi en 2026, CV réécrits par ChatGPT, entretiens préparés par IA, ce qui change pour candidats et recruteurs

La recherche d'emploi connaît en 2026 une transformation rapide sous l'effet de l'intelligence artificielle....

Découvrez aussi

Comment ajouter des applications à une montre Samsung Galaxy ?

Cet article explique comment ajouter des applications à une montre Samsung Galaxy. Quelles sont les...

Actualités des seniors en France : Bien vieillir en France !

Actualités actifs en retraite : Bien vieillir en France ! Le vieillissement de la population est...

L’ostéopathie : une thérapie en plein essor 

De nombreuses possibilités de traitements s’offrent à vous quand vous décidez d’entamer  une thérapie...