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Plutôt que de construire, BYD veut racheter. Le numéro un mondial de la voiture électrique doit choisir très prochainement entre la France et l’Espagne pour son deuxième site européen.
Le 1er juillet, lors de la conférence Reuters Automotive Europe à Francfort, Alfredo Altavilla, conseiller spécial de BYD pour l’Europe, a tranché sur la méthode : le groupe chinois prendra le contrôle d’une usine européenne déjà existante, appartenant à une autre marque. Pas de construction neuve, pas de terrassement. La décision du site sera prise, selon lui, « très prochainement ».
Deux pays sont en lice : la France et l’Espagne.
L’usine de Szeged repousse encore, BYD s’impatiente
Pour comprendre l’urgence, il faut regarder du côté de la Hongrie. Le premier site européen de BYD, à Szeged, accumule les reports. Sa vice-présidente Stella Li a confirmé début juin que le lancement de la production était repoussé au quatrième trimestre 2026. Ce n’est pas le premier couac : l’usine hongroise traîne depuis plusieurs mois, et le groupe ne peut pas se permettre d’attendre davantage pour ancrer une présence industrielle sur le continent.
Pendant ce temps, une deuxième usine avance en Turquie, dont l’ouverture est également prévue pour fin 2026. Sa montée en cadence cible 150 000 véhicules, selon Numerama [2]. Elle desservira l’Europe, mais aussi des marchés proches comme Israël et les Balkans. Le chantier turc avance plus vite que prévu, au point que ce site pourrait dépasser en volume l’usine hongroise, pourtant lancée plus tôt.
Face à ces aléas, la stratégie d’acquisition d’un site existant s’impose comme le raccourci industriel le moins risqué. Pas de délai de construction, pas d’aléas de chantier : BYD hérite d’une ligne déjà opérationnelle, qu’il peut adapter à ses modèles.
Ce que l’enjeu représente pour la France
Pour la France, l’attractivité de cette implantation dépasse la seule question des emplois industriels. Tant que BYD produit en Chine, ses véhicules restent quasiment exclus des aides à l’achat françaises : le bonus écologique (désormais appelé coup de pouce CEE), le leasing social ou encore les primes CEE pour flottes d’entreprises. Ces dispositifs conditionnent l’éligibilité à une production réalisée dans des pays respectant certains critères environnementaux et sociaux, ce que la Chine ne satisfait pas [2].
Une usine sur le sol français, ou même hongrois, permettrait à BYD de contourner cette barrière et de rendre ses modèles compétitifs face aux constructeurs européens sur ce terrain. Sans cela, le développement commercial de la marque en France reste structurellement bridé.
L’Espagne joue la même carte, avec ses propres arguments industriels et une tradition automobile solide autour de sites comme ceux de Stellantis ou Volkswagen.
Pourquoi l'usine BYD change la donne pour la France
Racheter plutôt que bâtir : une logique de vitesse
La décision de reprendre un site existant révèle aussi la pression concurrentielle à laquelle BYD est soumis en Europe. Les constructeurs locaux ne sont pas restés statiques : Renault, Volkswagen et Stellantis ont accéléré leurs propres lignes de véhicules électriques abordables. Chaque trimestre sans production locale est un trimestre où les aides publiques restent inaccessibles et où la marque perd du terrain commercial.
Reprendre une usine en activité présente un autre avantage : celui de la main-d’oeuvre déjà formée, des certifications déjà obtenues, des réseaux logistiques déjà établis. BYD n’aura pas à partir de zéro sur ces points.
| Site | Pays | Statut | Capacité cible |
|---|---|---|---|
| Szeged | Hongrie | Production repoussée à fin 2026 (T4) | N/C |
| Usine turque | Turquie | Ouverture prévue fin 2026 | 150 000 véhicules |
| Site à racheter | France ou Espagne | Décision imminente | N/C |
Source : Numerama
La décision, « très prochainement »
Le calendrier reste flou, mais la formule d’Alfredo Altavilla à Francfort ne laisse pas de place à l’ambiguïté sur l’urgence. BYD a besoin d’un ancrage industriel européen pour crédibiliser sa montée en puissance sur un marché qui représente l’un de ses principaux débouchés hors de Chine. [1]
La France dispose d’atouts : une filière automobile structurée, des sites industriels disponibles et un accès direct au marché de l’Europe occidentale. L’Espagne aussi. Lequel des deux pays saura présenter les meilleures conditions d’accueil, en termes de coûts, de flexibilité sociale et d’accompagnement public, déterminera l’issue. La réponse est attendue dans les prochaines semaines.
BYD en Europe : sites, reports et décision imminente
- BYD veut racheter une usine existante en Europe, pas en construire une nouvelle.
- La France et l'Espagne sont les deux pays finalistes annoncés le 1er juillet 2026 à Francfort.
- L'usine hongroise de Szeged a encore été repoussée, au T4 2026.
- L'usine turque de BYD cible 150 000 véhicules et avance plus vite que prévu.
- Sans production en Europe, les véhicules BYD restent inéligibles aux aides à l'achat françaises.
Sources
2 sources · 3 faits sourcés
- VinFast lance le VF 2 : une citadine électrique affichée à partir de 188 millions de dôngs - juillet 5, 2026
- BYD cherche une usine existante en Europe : la France et l’Espagne en finale - juillet 5, 2026
- Pesquet et Prost dans l’espace en 2027 : deux missions françaises avec Vast confirmées - juillet 5, 2026
