Loading

Décisions politiques réfléchies au Sud-Kivu

 Risques de contamination au Sud-Kivu / Covid-19

Faut il mettre en quarantaine toute personne qui arrive en province du Sud-Kivu par crainte de cas importés ? La question mérite une attention particulière et une évaluation du risque au cas par cas. *Premièrement* , la provenance de la personne doit être l’élément important pour orienter la décision de l’équipe de la riposte Covid-19, certains endroits sont bien connus comme étant de sites actifs de circulation du virus *SARS-Cov_2* (agent de la Covid-19), avec généralement un nombre de cas grandissant avec une dynamique le témoignant, les statistiques officielles doivent dans ce cas être mise à jour pour faciliter l’extraction et l’analyse de données journalièrement.

*Deuxièmement* , le recueil des informations et le screening aux points d’entrée doivent rapidement donner des éléments d’appréciation à l’équipe de la riposte pour cerner les personnes à haut risque de celles à risque faible, une fiche détaillée doit être remplie avec tous les renseignements exhaustifs.

*Troisièmement* , l’instauration d’un algorithme diagnostique adapté à nos moyens peut faciliter à l’équipe de la riposte à prendre de décisions contextualisées : un test de diagnostic rapide (TDR) fait au point d’entrée; toute positivité (IgM ou IgG) doit directement conditionner un prélèvement endo nasal pour la _rRT-PCR_ *SARS-Cov_2* , la personne doit être retenue à l’endroit dédié pour la quarantaine en attendant le résultat du Jour-1 et du Jour-7 si celui du Jour-1 est revenu négatif. Une personne avec résultat négatif au TDR doit rester chez elle sans se déplacer au moins pendant 5 jours tout en respectant scrupuleusement les mesures barrières, et le 6ème jour, un TDR contrôle sera fait avant de se rassurer qu’il n’ y a aucun danger.

Pour les personnes symptomatiques (définitions de cas), une quarantaine de 14 jours est obligatoire quelque soit l’endroit de provenance et 2 à 3 prélèvements successifs pourront être réalisés, espacés de 2 à 3 jours au cas où le TDR et la _rRT-PCR_ *SARS-Cov_2* restaient toujours négatifs.

Cette stratégie nécessite la disponibilité de tests rapides ainsi qu’une certaine rapidité dans le rendu de résultats de la _rRT-PCR_ *SARS-Cov_2* dont les échantillons doivent être envoyés à Kinshasa. Avec cet algorithme simplifié, l’équipe de la riposte peut éviter l’engorgement de sites de quarantaine et décharger certaines personnes avant 14 jours sans risque majeur de propagation de la maladie, et ceci éviterait l’imposition d’une mesure mécanique de quarantaine sans sous bassement factuel.

*_David LUPANDE Mwenebitu,_* Médecin Biologiste (Microbiologie) et chercheur (Centre Universitaire de Gestion des Épidémies-UCB/HPGRBuk). Expert en écologie de maladies infectieuses, aléas naturels et gestion des risques et Doctorant à Aix-Marseille Université “

Réagir à l'article