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Les aides de l’union européenne

Les 172 milliards qui proviendront de la Commission ne peuvent pas seulement être un coup porté à la fierté des souverains italiens, ils doivent être un tremplin pour l’investissement et la productivité. Les fonds ne sont pas un “jackpot” comme l’a dit Dario Franceschini, mais un outil pour faire preuve de responsabilité et remettre le pays sur les rails.
Vincenzo PINTO / AFP

Les 172,7 milliards d’euros que la Commission européenne entend injecter dans l’économie italienne au cours des prochaines années – 81,8 milliards de prêts non remboursables et 91,7 milliards de prêts – sont sur le point d’alimenter un assaut contre la diligence, une version améliorée de la course à la thésaurisation de l’argent public que nous avons vue dans mille lois financières et mille et une propositions au fil des ans, en particulier en période de vaches grasses.

Maintenant que nous avons une part majoritaire du total de 750 milliards sur la table, même certains souverains se sentent mal à l’aise dans leur opposition à l’Union, qui pour la plupart d’entre eux a en fait toujours été peu d’idéologie ou de pureté nationaliste, mais plus d’opposition à la prétendue austérité économique imposée par Bruxelles. Et bien sûr, ils semblent très intéressés par les milliards qui arrivent, se plaignant tout au plus de la lenteur excessive avec laquelle ces fonds seront probablement déboursés.

Et puis ils parlent déjà de réductions d’impôts, de moyens de “mettre plus d’argent dans les poches des européens”.

Heureusement, il n’y a pas que les règles comptables pour dire qu’on ne peut pas financer des flux de revenus moins importants, destinés à devenir permanents, avec un stock, ou avec un afflux de fonds ponctuel. Mais la Commission elle-même, qui définit des règles, des macro-objectifs que les États devront poursuivre dans l’allocation des ressources, de la transition écologique à la plus grande diffusion du numérique, du renforcement plus nécessaire du système de santé à la plus grande efficacité de l’Administration publique.

Ce sont les fameuses conditionnalités qui seront nécessairement présentes, et elles deviendront de plus en plus évidentes plus nous devrons convaincre les pays “frugaux” de les approuver, avec l’Autriche et les Pays-Bas en tête.

Il y aura des controverses et des récriminations, bien sûr. Le fait est que ce sera en fait exactement ce dont nous avons besoin depuis des décennies, à savoir des investissements plus stratégiques pour accroître notre productivité dans tous les domaines.

Car c’est notre handicap depuis au moins 30 ans, et les crises périodiques, quelle que soit leur origine, qu’il s’agisse de Lehman Brothers ou d’un virus, ne font que le rendre plus évident. Cela ne se soldera pas en faisant le déménagement de tout cela !

Selon les premiers chiffres  pour le premier trimestre 2020, la chute du PIB a non seulement été plus importante que prévu et plus grave que celle des autres pays, mais surtout, elle s’est concentrée au niveau des secteurs, notamment dans l’industrie, plus encore que dans le commerce comme beaucoup ont pu le penser, avec une baisse de 9,9 % par rapport à un total de 5,4 %.

Alors que dans le domaine des composantes du PIB, l’investissement plus que la consommation a subi une débâcle plus que proportionnelle, avec une baisse de 8,8%, qui est devenue à deux chiffres si l’on parle des investissements dans les moyens de transport et dans les installations et machines.

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