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Le PDG de Valeo, Christophe Périllat, monte au créneau pour des règles de contenu local obligatoires dans l’automobile européenne, sous peine de délocalisations qu’il juge irréversibles.
“Je n’ai jamais vu une industrie partir et revenir”, résume Périllat. La formule est courte, mais elle dit tout sur ce que l’équipementier français redoute : une migration définitive de la production automobile vers l’Asie, que rien ne permettrait d’inverser une fois engagée.
L’avertissement s’inscrit dans le débat en cours à Bruxelles sur l’introduction de règles “Made in EU” pour le secteur automobile. La Commission européenne pousse pour redonner du souffle à la fabrication locale, dans un contexte de pression chinoise croissante sur les équipementiers. Mais le dossier accroche : entre une France favorable à une ligne protectionniste et une Allemagne qui craint les représailles commerciales, les États membres ne parlent pas d’une seule voix.
“De Valeo Europe à Valeo Chine” : la menace concrète
Périllat ne reste pas dans le flou. Sans seuil minimal de contenu européen par véhicule, il prévoit “des délocalisations significatives, massives, de l’industrie automobile depuis l’Europe vers le reste du monde, par exemple de Valeo Europe vers Valeo Chine”.[2] La formule vise directement ses propres actionnaires : ce n’est pas une hypothèse abstraite, c’est le scénario d’entreprise si Bruxelles n’agit pas.
L’association européenne des équipementiers Clepa chiffre le risque à 350 000 emplois menacés d’ici 2030 si la dynamique de substitution se poursuit.[2] Périllat, lors de la journée investisseurs de Valeo, a été plus direct encore : sans exigences de contenu local, les fermetures de sites en Europe deviendraient inévitables à terme.
Le PDG de Renault, Matthieu Provost, soutient lui aussi le principe d’une règle de contenu européen minimum, tout en réclamant une définition plus large du périmètre géographique concerné. Après avoir rencontré des responsables européens à Bruxelles, il a confié sentir “le sens de l’urgence” mais a aussi noté que “des points importants restent en discussion”.[2]
Valeo : des prévisions revues à la baisse en 2024, des plans d’économies en cours
Le contexte industriel de Valeo pèse sur la tonalité du discours. En juillet 2024, le groupe avait abaissé ses prévisions de chiffre d’affaires : les ventes 2024 attendues à environ 22,0 milliards d’euros, contre une fourchette initiale de 22,5 à 23,5 milliards, et les ventes 2025 ramenées à 23,5-24,5 milliards au lieu de 24,5-25,5 milliards.[5] Périllat avait alors annoncé des mesures d’économies exceptionnelles visant 200 millions d’euros d’économies cumulées sur l’année, tout en confirmant les objectifs de marges et de free cash flow.
La question des règles “Made in EU” complique aussi les relations avec des partenaires proches hors Union européenne. Le Royaume-Uni, la Turquie et le Maroc, qui abritent d’importantes capacités de production destinées au marché européen, suivent les négociations de très près. Des constructeurs comme Ford ou Jaguar Land Rover, dont les chaînes d’approvisionnement débordent largement les frontières de l’UE, font eux aussi pression sur Bruxelles pour éviter d’être pénalisés.[1]
La décision de la Commission est attendue. Pour Périllat, le statu quo n’est pas une option.
Sources
3 sources · 5 faits sourcés
- Périllat (Valeo) : “Sans contenu européen obligatoire, les délocalisations seront massives” - juillet 4, 2026
- Thomas Pesquet et Arnaud Prost, deux missions vers l’espace en 2027 avec Vast - juillet 4, 2026
- Choose France 2026 : 93 milliards d’euros et la France premier pays européen pour les data centers - juillet 4, 2026
