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Fusées réutilisables, constellation Starlink, cadence de lancement record : SpaceX a restructuré l’économie spatiale mondiale. L’Europe, elle, cherche encore ses marques.
Cent soixante-cinq lancements réussis en 2025, soit plus de treize par mois en moyenne. Ce chiffre résume à lui seul ce que SpaceX a accompli avec la Falcon 9 : transformer le lancement orbital en quasi-routine industrielle. Aucun autre opérateur, étatique ou privé, n’approche cette cadence.
Le secret tient en grande partie à la réutilisabilité du premier étage. Chaque booster récupéré évite de fabriquer un nouveau lanceur, ce qui comprime les coûts et libère de la capacité de production. C’est cette logique qui a permis à SpaceX de proposer des prix compétitifs, d’accumuler les commandes de la NASA et de l’armée américaine, et de faire de la Falcon 9 le lanceur le plus utilisé au monde.
Starlink finance la conquête spatiale d’Elon Musk
Les fusées font la réputation de SpaceX, mais ce sont les satellites qui en font le modèle économique. Starlink, la constellation d’internet par satellite, génère désormais la plus grande partie des revenus du groupe. C’est elle qui finance les programmes les plus ambitieux, du Starship aux futurs vols habités.[3]
En 2025, le chiffre d’affaires de SpaceX a progressé de 33 % pour atteindre 18,7 milliards de dollars. Une performance sur le papier, sauf que les dépenses ont crû plus vite encore. La société a accusé une perte nette de 4,9 milliards de dollars sur l’exercice 2025, avant d’en perdre 4,3 milliards supplémentaires au seul premier trimestre 2026. SpaceX brûle du cash à une vitesse que peu d’entreprises pourraient absorber, et les investisseurs qui misent sur son introduction en Bourse devront composer avec plusieurs années de déficits.
| Indicateur | Valeur | Période |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 18,7 milliards USD | 2025 |
| Croissance du CA | +33 % | 2025 |
| Perte nette | 4,9 milliards USD | 2025 |
| Perte nette | 4,3 milliards USD | T1 2026 |
| Lancements Falcon 9 réussis | 165 | 2025 |
| Cadence mensuelle moyenne | 13+ lancements/mois | 2025 |
Source : La Tribune, Numerama
La réutilisabilité, un principe que tout le monde copie
Le modèle SpaceX a largement infusé le reste du secteur. Blue Origin l’a acté en reconfigurant sa stratégie d’assemblage pour mieux rivaliser. Une startup chinoise est allée plus loin encore : repérée sur les réseaux sociaux chinois le 25 novembre 2025, elle a publié des images de synthèse montrant un système de récupération de booster par tour dotée de bras mécaniques, le principe même des « chopsticks » de SpaceX, mais monté sur une barge maritime.[5]
Le copier-coller est assumé. La réutilisabilité n’est plus un avantage concurrentiel réservé à SpaceX : c’est devenu le standard vers lequel converge l’ensemble de l’industrie du lancement.
L’Europe n’échappe pas à cette pression. Le projet Themis, soutenu par l’Agence spatiale européenne, vise à développer un démonstrateur de premier étage réutilisable depuis le centre spatial d’Esrange, en Suède.[1] Les premiers bonds balistiques réels restent conditionnés à la validation de plusieurs étapes techniques. Le retard accumulé face à SpaceX est patent, et les responsables européens ne cherchent plus à le minimiser.
Pourquoi l'Europe peine à rattraper SpaceX
Ce que l’Europe ne peut pas reproduire à court terme
La cadence de SpaceX repose sur un écosystème que l’Europe n’a pas : un client public massif, la NASA et le Pentagone, qui finance la montée en puissance, et une constellation commerciale, Starlink, qui rentabilise les lanceurs en remplissant les faiseaux. Themis ne dispose ni de l’un ni de l’autre.
Le programme Artémis illustre bien les tensions au sommet du secteur spatial américain. En décembre 2024, la NASA a reporté la première mission habitée lunaire à 2027. Le Super Heavy Launch System, développé par Boeing, affiche un coût estimé à 24 milliards de dollars, soit plus du double des 10 milliards prévus initialement. SpaceX, concurrent direct de Boeing sur ce segment, lorgne ce marché avec le Starship.
C’est là que la domination de SpaceX devient structurelle : elle se nourrit des difficultés de ses concurrents. Chaque dérapage calendaire ou budgétaire chez Boeing, chaque report chez Ariane, renforce la position de la Falcon 9 comme seule option fiable à grande cadence.
2026, une année encore plus chargée pour Hawthorne
SpaceX abordait 2026 avec l’intention explicite de dépasser les 165 lancements de 2025. La Falcon 9 avait subi un léger accroc sur sa dernière mission de fin d’année, clouée au sol par une panne inattendue sur le pas de tir, mais le record annuel était déjà dans la poche.[2]
Starlink continue d’alimenter la majorité des manifestes de lancement : des milliers de satellites sont déjà en orbite, et les déploiements en lot se poursuivent pour densifier la couverture et préparer des générations améliorées. L’introduction en Bourse, si elle se confirme, devra convaincre les marchés d’accepter des pertes durables en échange d’une position de monopole de fait sur le lancement commercial à haute cadence.
L’Europe, elle, attend les premiers sauts de Themis. Le fossé technologique se mesure en années, pas en mois.
SpaceX en chiffres : Falcon 9, Starlink et pertes records
- La Falcon 9 a réalisé 165 lancements consécutifs réussis en 2025, soit plus de 13 par mois.
- Starlink génère la majorité des revenus de SpaceX et finance ses programmes d'exploration.
- SpaceX a perdu 4,9 milliards de dollars nets en 2025 malgré un CA de 18,7 milliards.
- Le démonstrateur européen Themis, soutenu par l'ESA, n'a pas encore effectué ses premiers bonds réels depuis Esrange.
- Une startup chinoise a présenté en novembre 2025 un concept de récupération de booster par tour sur barge maritime, calqué sur le modèle SpaceX.
- Le SLS de Boeing pour Artémis a atteint 24 milliards de dollars de coût, plus du double du budget initial.
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
- 600 000 recrutements industriels d’ici 2029 : le pari du gouvernement français - juillet 4, 2026
- SpaceX en 2026 : 165 lancements, 18,7 milliards de dollars et une Europe qui court derrière - juillet 4, 2026
- Tesla Model Y et Model 3 : 13 945 immatriculations au 1er trimestre 2026 en France - juillet 4, 2026
