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Catherine Vautrin a tranché à Eurosatory : c’est le consortium Safran-MBDA qui développera la future roquette d’artillerie longue portée de l’armée française, devant le duo concurrent Thales-ArianeGroup.
La ministre des Armées a annoncé lundi, en marge du salon de la défense et de la sécurité Eurosatory, l’entrée en négociations exclusives avec Safran et MBDA pour le programme FLP-T (Frappe longue portée terrestre). La France écarte ainsi le FLP-T 150 de Thales et ArianeGroup, mais aussi toute acquisition du Himars américain.
Le système retenu, baptisé Thundart, vise à remplacer le lance-roquettes unitaire (LRU) en service. Sa portée atteint 150 kilomètres. Il peut cibler des objectifs fixes comme mobiles et s’intègre au système ATLAS (automatisation des tirs et liaisons de l’artillerie sol/sol). Sa conduite de tir reprend l’architecture déjà utilisée sur le CAESAr, conçue par Safran Electronics & Defense.
Deux tirs réussis, un seul vainqueur
Les deux consortiums avaient franchi l’étape de la démonstration technique. MBDA et Safran ont effectué un premier tir réussi le 14 avril. Thales et ArianeGroup ont suivi quelques semaines plus tard avec leur propre essai du FLP-T 150. La sélection de la DGA, annoncée pendant Eurosatory, a néanmoins désigné le Thundart comme solution retenue.
Les premiers tirs officiels du programme sont prévus en 2026. Michael Soulat, responsable du programme chez Safran Electronics & Defense, décrit la mission du système : atteindre dans la profondeur les postes de commandement adverses, l’artillerie ennemie, la défense sol-air, et “couper des flux logistiques pour ralentir la manœuvre de l’adversaire” [1].
13 systèmes avant 2030, puis 26 au total
La Loi de programmation militaire 2024-2030 impose à la DGA de privilégier une solution souveraine et prévoit l’acquisition d’au moins treize systèmes avant 2030. L’armée de Terre en vise ensuite vingt-six pour remplacer ses neuf LRU actuels [2].
L’urgence est affirmée sans détour par le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill : “J’en ai besoin de manière urgente, c’est structurant pour moi”, déclarait-il lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 23 octobre 2025. Il avait également lié “la rapidité d’acquisition” à la capacité industrielle de livraison.
Coentreprise 50-50 et ambitions à l’export
Safran et MBDA prévoient de créer une coentreprise détenue à parts égales pour industrialiser et commercialiser le Thundart [3]. Le marché français constitue la base, mais les deux groupes visent clairement l’export : la demande mondiale pour des lance-roquettes à longue portée est forte, et la souveraineté du système, “100 % français” selon ses concepteurs, représente un argument commercial auprès des nations souhaitant s’affranchir de la tutelle américaine liée au Himars. Une application navale du Thundart est également évoquée, selon Mer et Marine.
Le PDG de MBDA, Éric Beranger, avait présenté le système à Catherine Vautrin directement sur le stand du salon, images à l’appui.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
- EVA à l’ISS : Christopher Williams et Jessica Meir passent 6h30 dehors pour Canadarm2 - juillet 2, 2026
- Thundart : la France choisit Safran et MBDA pour sa roquette longue portée face à Thales-ArianeGroup - juillet 2, 2026
- Skoda Peaq au Tour de France 2026 : le SUV électrique 7 places transportera Christian Prudhomme - juillet 2, 2026
