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Medium Suisse : pourquoi et comment ?

La voyance Suisse cela marche et cela marche vraiment !

Le présent n’est que rarement complètement dépourvu de beauté, mais nous y échappons souvent, nous le regrettons parce que nous sommes distraits par des inquiétudes ou des attentes, par la pensée de ce que nous entrevoyons à l’horizon comme possible mais qui n’est pas encore là avec nous, aujourd’hui, maintenant.

Une cure psychothérapeutique devrait à terme rendre la personne plus en phase avec les subtilités du présent, plus ouverte aux suggestions fugaces de la vie quotidienne, plus à l’aise avec l’imprévisibilité du lendemain.

Mais à partir de quelle prise de conscience ?
Le cercle vicieux de l’angoisse

Beaucoup de nos angoisses et de nos insatisfactions sont dues à la fausse croyance que nous pouvons contrôler les événements. Bien sûr, beaucoup dépend de nous, de nos choix et de nos initiatives. Mais il y a quelque chose qui nous échappe, en tout cas. La psychanalyse lacanienne l’appelle “réel”, on pourrait le définir plus simplement comme le “grand mystère” de notre existence. Pourquoi tombons-nous, pourquoi tombons-nous malades, pourquoi tombons-nous amoureux, pourquoi devons-nous mourir ? Pourquoi ne savons-nous pas quand et comment ces choses vont se produire ?

Ce “réel” nous angoisse profondément, à la fois lorsqu’il émerge de façon saisissante en déchirant le voile de notre transe, et lorsqu’il se glisse plus subtilement dans notre quotidien, comme une menace à l’intégrité de notre image idéale, à la solidité de nos certitudes. La réaction est alors l’intensification du contrôle, qui peut se traduire à nouveau par l’angoisse, la rumination mentale, des actions impulsives, des changements d’humeur brusques, des gémissements ou des querelles à propos de l’autre, considéré comme incapable de nous protéger de nos fantômes s’il n’en est pas directement responsable.

Tout cela finit par nous aveugler, c’est-à-dire nous transporter dans les limbes laiteux des pensées tourbillonnantes. Une “non-vie” aux couleurs délavées qui nous fait rester suspendus, nous faisant perdre cette plénitude que nous pourrions au contraire avoir à portée de main, ici et maintenant, si seulement nous pouvions lâcher prise, pour vivre avec l’imperfection et l’incertitude, pour accepter la fragilité, la contradiction et l’inéluctabilité de la fin.
Les petites choses

La valorisation des petites choses, surtout dans les périodes les plus complexes, a dans cette perspective une réelle valeur thérapeutique, dans la mesure où elle nous fait percevoir la vie, son goût authentique, malgré tout ce qui nous arrive de négatif. Un café le matin, l’odeur de la pluie, le profil d’un nuage ou d’une branche sèche tendue dans le ciel paraissent absurdes par rapport aux grands mythes contemporains. Pourtant en voyance pure, ce sont des choses dans leur simplicité à la portée de tous, qui n’ont pas de prix, qui échappent à toute logique commerciale ou de consommation.

Et la liste pourrait s’allonger encore et encore, s’étendant pour inclure des banalités absolues comme les courses ou les travaux ménagers.

Il ne s’agit pas de renforcer un aspect contemplatif, que tout le monde n’a peut-être pas dans ses cordes, mais de reconnaître la valeur contenue dans l’apparente insignifiance de nos actions. Ils sont en fait l’expression de la relation avec l’autre par nous-mêmes : nous avons des yeux, des oreilles, des bras et des jambes pour recevoir les stimuli de l’environnement et interagir les uns avec les autres et nous sommes faits pour profiter de cet échange lorsqu’il se produit, au-delà du lendemain.

À l’arrière-plan de chaque jour peut se trouver une vie entière, un début, un développement et une fin.
C’est notre esprit qui nous prendrait sans fin et ainsi, dans le rejet de la finitude et dans la recherche effrénée du saké sans fissures, il se perd, il tombe malade, il se replie sur lui-même et sur ce qui n’est souvent que de faux problèmes.
Traitement psychique et guérison

Alors les cloches de la présence du “réel” susmentionné (qu’il prenne la forme d’un éclair dans le ciel clair ou celle d’un spectre toujours en arrière-plan des jours), une fois reconnues et partiellement métabolisées, peuvent cesser de désorganiser en permanence les pensées et les actions. Au contraire, ils peuvent nous faire descendre des limbes à la terre, au concret d’aujourd’hui, à son mystère et à sa beauté incontestables, même en plein drame.

Pouvoir revenir ou repartir à zéro pour retrouver ces fragments de beauté ordinaire est d’une importance fondamentale dans tout processus de guérison psychique, donc dans tout chemin psychothérapeutique qui en est authentiquement un.

L’éveil à la vie ne se fait pas sur le chemin du succès, de la puissance ou de la splendeur de notre image, mais sur celui, moins captivant mais beaucoup plus solide, de la récupération du pur plaisir de respirer.

Cela ne se traduit pas par un désengagement, par l’absence de paresse ou de résignation, mais par la possibilité de vivre avec l’action et la rigueur habituelles. Parce que maintenant ils ne sont plus mus par la vanité mais au contraire par la modestie, non pas la fausse modestie mais celle à laquelle les psychanalystes font référence avec le terme de “castration”, c’est-à-dire la prise de conscience et l’acceptation de notre condition existentielle de misérables créatures de passage.

Une acceptation aussi large et radicale est-elle possible une fois pour toutes ? Peut-être pas, mais il faut essayer, tout comme il faut se relever après une chute, même si on ne peut pas être sûr de ne plus jamais tomber.

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