Pourquoi Scor tarde-t-il à fixer la date de son assemblée générale ?

Traditionnellement, jusqu’en 2019, l’assemblée générale de Scor se tenait fini avril, parfois début mai. En 2020 un communiqué de la société en date du 30 mars 2020 expliquait que « compte tenu des difficultés de tenue des assemblées générales dans le contexte actuel lié à la pandémie du Covid-19, le Conseil d’administration de SCOR SE, réuni le 27 mars 2020, a décidé, à la demande du Président et directeur général, de reporter au 30 juin 2020 la tenue de son Assemblée générale annuelle, initialement fixée au 17 avril 2020 ». Finalement, l’assemblée générale de Scor s’était tenue à huis clos le 16 juin 2020.

A ce jour, SCOR SE est la seule société des 120 sociétés du SBF 120, à l’exception d’Alstom et de Pernod– Ricard, à ne pas avoir encore déposé d’avis de réunion au BALO. Pour ce qui concerne Alstom, le délai s’explique par les opérations financières en cours à la suite du rapprochement avec Bombardier. Pour ce qui concerne Pernod-Ricard, le délai s’explique par la date de clôture des comptes au 30 septembre et non au 31 décembre. Pour ce qui concerne SCOR SE aucune explication n’a à ce jour été donnée.

Légalement une société par actions dispose d’un délai de 6 mois après la fin de l’exercice pour tenir l’assemblée générale d’approbation des comptes de l’exercice précédent. En 2020, un délai supplémentaire de 3 mois avait été accordé. En 2021, un délai supplémentaire d’un mois a été accordé au titre de la Covid.

Bien que l’on soit encore dans les délais légaux, on peut néanmoins s’étonner et légitimement s’interroger sur les raisons qui ont pu conduire SCOR SE à différer aussi longtemps la réunion de son assemblée générale annuelle. Traditionnellement deux types de raisons conduisent un chef d’entreprise et son conseil à reporter une assemblée générale.

Des difficultés dans l’établissement des comptes, des réserves susceptibles d’intervenir de la part des commissaires aux comptes, sont le plus souvent une première raison. A ce jour, même si SCOR SE s’est doté l’année dernière, avec KPMG en remplacement d’Ernst & Young, d’un nouveau commissaire aux comptes qui officie désormais aux côtés de Mazars, il est peu probable que ce soit le cas. Scor SE bénéficie d’une bonne réputation en ce domaine, mais c’était aussi le cas d’Atos jusqu’à cette année et les problèmes de contrôle interne rencontrés sur deux entités américaines, IT Solutions and Services Inc. et Atos IT Outsourcing Services LLC.

L’autre raison classique de report d’une assemblée générale est la crainte d’un vote négatif sur une ou plusieurs résolutions. En l’occurrence, deux résolutions sont susceptibles de poser problème.

Comme dans beaucoup de sociétés cotées, mais peut-être plus qu’ailleurs, la rémunération du Président et Directeur Général de SCOR SE est un sujet de débat controversé. En 2019, celle-ci n’avait été approuvée qu’à une majorité de 55 %. En 2020, après l’annonce de la réduction de 30% de sa rémunération variable au titre de l’exercice 2020, celle-ci avait été votée à une majorité de 69%. Qu’en sera-t-il en 2021 ? Quoi qu’il en soit, s’agissant d’une question récurrente qui se pose chaque année, on ne voit pas pourquoi ce sujet aurait motivé cette année un si long délai.

En revanche deux questions de gouvernance, à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, et soumises à l’approbation des actionnaires peuvent poser problème.

La première question est la nomination de Benoît Ribadeau-Dumas en tant que Directeur Général. Dans un communiqué du 16 décembre 2020, le conseil d’administration annonçait qu’il serait proposé « à l’assemblée générale annuelle de 2021 de le nommer administrateur du Groupe, en vue d’une nomination en tant que directeur général à l’issue de l’assemblée générale annuelle de 2022 ». A priori cette première étape ne devrait pas poser problème, mais sait-on jamais…

La seconde question est plus ardue. Il s’agit de la prolongation de la limite d’âge pour un Président et Directeur Général qui exerce ses fonctions depuis près de 20 ans et qui a déjà été prolongé de 4 ans en 2016. A priori la nouvelle prolongation devrait être de 1 an pour la fonction de Directeur Général et d’une durée à déterminer pour la fonction de Président. En 2016, Denis Kessler avait justifié la prolongation par la demande unanime de son Conseil. Il est n’est pas certain qu’il en aille de même pour cette nouvelle prolongation.

En réponse aux attaques du fonds activiste CIAM, Denis Kessler avait affirmé : « La gouvernance de Scor est exemplaire et efficace ». C’est peut-être le moment d’en apporter à nouveau la preuve, en expliquant pourquoi la réunion de son assemblée générale tarde tant.

Réagir à l\'article
Accros à l’actu sur internet, vous aimez suivre l'actualité,alors suivez le site Kivupress ;Je suis passionnée par les Technologies du Web, l'information en générale. Je vous invite à proposer des actualités en nous adressant une news via le formulaire de contact. Nous publions toutes les informations chaudes du moment ; des news toutes fraiches que vous nous apporterez. Au plaisir d’échanger sur vos besoins.
Aimable et Souriante
Les derniers articles par Aimable et Souriante (tout voir)