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Quatre-vingt-treize milliards d’euros d’investissements étrangers annoncés, 15 000 emplois promis : la neuvième édition de Choose France, tenue le 1er juin 2026 à Versailles, affiche des chiffres records mais s’ouvre sur un secteur industriel français en difficulté.
Le château de Versailles a de nouveau servi de décor à la grand-messe de l’attractivité française. Emmanuel Macron y a reçu des dirigeants étrangers venus annoncer 71 projets d’investissement, pour un total que l’Élysée qualifie de «record de 93 milliards d’euros». C’est la neuvième édition de cet exercice annuel lancé en janvier 2018, peu après l’arrivée du président à l’Élysée. Probablement la dernière de son double mandat.
Le patron de SoftBank, Masayoshi Son, figurait parmi les invités de marque. Il a vanté la rapidité avec laquelle son groupe a pu monter son projet en France : «deux mois» seulement depuis une rencontre à Tokyo avec Macron. Son argument de fond tient à l’énergie nucléaire française. La France, selon lui, peut désormais «convertir l’électricité en tant que matière brute en intelligence précieuse» et «exporter de l’intelligence générée par l’énergie» avec une plus grande «valeur ajoutée». «Nous avons l’élan pour faire de la France le centre de l’Europe», a-t-il lancé devant un Macron «visiblement ravi», selon Le Monde.
Données de centres et robots IA : Macron mise sur la puissance de calcul
Macron a été explicite sur les priorités sectorielles de cette édition. «Ces projets vont permettre de faire de la France de très loin le premier pays accueillant des centres de données et des capacités de calcul en Europe, et de faire de la France aussi le point avancé de la production de robots IA, d’industrialisation par l’IA», a-t-il affirmé. Il a aussi cité des investissements dans les semi-conducteurs, les minerais critiques, l’électrification des transports lourds, l’acier et la santé. [4]
Le chiffre de 93 milliards d’euros correspond à 71 annonces, selon le journal Le Monde. Pour situer l’ampleur : l’édition 2025 avait déjà été présentée comme un record avec 20 milliards d’euros de projets industriels annoncés, auxquels s’ajoutaient 20,8 milliards d’euros d’engagements sur l’intelligence artificielle. La progression d’une année sur l’autre est donc spectaculaire, même si la nature exacte des projets comptabilisés reste débattue.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Montant total des investissements annoncés | 93 milliards d’euros (record) |
| Nombre d’annonces liées au sommet | 71 projets |
| Emplois attendus | Plus de 15 000 |
| Délai de montage (projet SoftBank) | 2 mois |
| Édition | 9e (depuis 2018) |
| Projets annoncés depuis 2018 | Plus de 230 |
| Emplois industriels cumulés depuis 2018 (selon Macron) | 50 000 |
Source : Le Monde, Ouest-France
La France reste première en Europe, mais l’attractivité est «sous tension»
Le baromètre annuel du cabinet EY confirme que la France conserve sa première place européenne pour l’accueil des investissements directs étrangers, pour la septième année consécutive, avec 852 projets recensés. [5] Mais le cabinet prend soin d’introduire la nuance : l’attractivité reste «sous tension», dans un contexte international où «la volatilité est devenue la norme».
La France réussit à capter les industries dites «de demain» : IA, défense, énergie bas carbone. C’est là que se concentrent les flux. C’est aussi là que réside l’ambiguïté. Car l’exécutif est régulièrement interrogé sur la différence entre des data centers ou des sièges régionaux, qui pèsent lourd en euros mais créent relativement peu d’emplois industriels, et des usines ou des lignes de production qui ancrent durablement l’activité sur le territoire.
La Tribune soulève cette tension frontalement : Choose France 2026 devra «démontrer que la France sait encore attirer des projets industriels au sens strict, usines, lignes de production, sites de R&D, et pas seulement des data centers ou des sièges régionaux». [1]
Attractivité française : record affiché, preuves attendues
Les «Journées Choose France» : 111 sites ouverts au public en mai
Conscient de cette fragilité, l’exécutif a élargi le dispositif en amont du sommet. Les 29, 30 et 31 mai 2026, 111 sites appartenant à 92 entreprises ayant investi en France ont ouvert leurs portes au grand public. Usines automobiles, sites pharmaceutiques, centres de données, entrepôts logistiques, ateliers artisanaux : le format s’inspire des Journées du patrimoine pour rendre visible ce que les annonces de Versailles restent abstraites à montrer : les emplois réels, les métiers, les retombées locales. Emmanuel Macron a lui-même visité l’usine Vorwerk, fabricant du Thermomix, à Donnemain-Saint-Mamès en Eure-et-Loir.
L’exemple de Disney illustre bien le temps long qui sépare l’annonce du concret. Les 2 milliards d’euros nécessaires à la construction du parc World of Frozen à Disneyland Paris avaient été annoncés lors de l’édition 2018 de Choose France. L’inauguration, en présence de Josh D’Amaro, directeur général de Disney, a eu lieu le 27 mars 2026, soit huit ans après l’annonce initiale. [3]
Dernière édition versaillaise pour Macron, premier vrai test de crédibilité
C’est cette distance entre l’annonce et la réalité industrielle qui fragilise Choose France sur le plan politique. Depuis 2018, plus de 230 projets ont été annoncés, représentant selon Macron 50 000 emplois industriels nouveaux. Mais le secteur industriel français traverse «deux ans» de difficultés, selon Le Monde, et la réindustrialisation promise peine à se concrétiser à la mesure des ambitions affichées.
Pour Macron, cette neuvième édition a «valeur d’examen de passage», résume La Tribune. Les concurrents européens se repositionnent agressivement sur les flux d’investissement direct à l’étranger. La France doit prouver que ses chiffres records se traduisent en ancrage territorial mesurable, pas seulement en lignes de communiqué. Les Journées Choose France fournissent, selon l’exécutif, «un début de réponse». Un début seulement.
Choose France 2026 : les chiffres du sommet
- 93 milliards d'euros d'investissements étrangers annoncés le 1er juin 2026 à Versailles, un record.
- 71 projets couverts par ces annonces, pour plus de 15 000 emplois attendus.
- La France est première en Europe pour l'accueil des IDE pour la 7e année consécutive selon EY.
- 111 sites industriels ont ouvert leurs portes au public les 29-31 mai 2026 lors des Journées Choose France.
- Le parc World of Frozen de Disneyland Paris, annoncé en 2018, a été inauguré en mars 2026 : 8 ans entre promesse et réalité.
- C'est la 9e et probablement dernière édition versaillaise du mandat d'Emmanuel Macron.
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
- Taxe au kilomètre sur les voitures électriques, Londres valide la mesure, ce qui pourrait attendre les Français - juillet 28, 2026
- Mégafeux: les start-up dopées à l’IA séduisent pompiers et investisseurs malgré les limites du terrain - juillet 28, 2026
- Claude, Codex et d’autres IA crédités par Apple dans ses correctifs, un signal inattendu qui intrigue la cybersécurité - juillet 28, 2026
