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La Banque de France anticipait une progression de 0,3% du PIB au premier trimestre 2026. L’Insee a publié le 29 mai un chiffre inverse : un recul de 0,1%, tiré vers le bas par l’effondrement des exportations.
L’écart entre la prévision et la réalité est net. La Banque de France tablait sur une croissance trimestrielle de 0,3% pour les mois de janvier à mars 2026. Une première estimation de l’Insee, publiée fin avril, indiquait une stagnation à 0,0%. La version définitive, rendue publique le 29 mai, a confirmé un recul de 0,1%, après une hausse de 0,2% au quatrième trimestre 2025.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a mis cet écart sur le compte d’une “mauvaise surprise sur les exportations”. Les chiffres de l’Insee confirment le diagnostic : les exportations françaises ont reculé de 3,5% au premier trimestre, sous l’effet de la baisse des ventes aéronautiques.
Les exportations aéronautiques plombent le trimestre
Le secteur aéronautique n’est pas seul à souffrir. Les droits de douane américains imposés sous Donald Trump ont affecté plusieurs filières : produits à base d’acier, vins et spiritueux, cosmétiques. Leur impact global sur l’économie française reste, pour l’instant, limité selon Les Echos, mais la pression pèse sur les carnets de commandes à l’export.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, avait pourtant salué sur TF1 une “croissance robuste” et “un bon départ” pour 2026, en soulignant que “les entreprises ont continué à exporter” malgré le contexte de guerre commerciale. Ce satisfecit, prononcé avant la révision des chiffres, paraît en décalage avec l’estimation définitive de l’Insee. [3]
Un acquis de croissance fragilisé pour 2026
L’Insee prévoyait en décembre dernier une stabilisation de l’activité au rythme de 0,3% par trimestre sur le premier semestre, avec un acquis de croissance déjà à 1% à mi-année. Ce scénario est désormais compromis. Un premier trimestre négatif oblige à rattraper le terrain perdu sur les trois mois suivants pour tenir cet objectif annuel. [4]
La Banque de France, dans sa note de conjoncture mensuelle, a préféré ne pas fournir d’estimation chiffrée pour le deuxième trimestre, invoquant les incertitudes géopolitiques et la hausse du prix des hydrocarbures. Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, résume l’équation : “On pourrait être plus bas comme on pourrait être plus haut, mais à ce stade, on ne sait pas de quel côté la balance va pencher.” [1]
L’économie française avait enregistré une croissance de 0,9% sur l’ensemble de l’année 2025, selon une première estimation de l’Insee. [5]
Quelle visibilité pour la suite de l’année ?
Hadrien Camatte, économiste senior sur la France et la zone euro chez Natixis CIB, estimait que l’incertitude budgétaire avait coûté “entre 0,2 et 0,3 point de PIB à l’économie française en 2025” et que son effacement avec l’adoption du budget 2026 soutiendrait l’activité au premier semestre. Ce levier reste théoriquement intact, mais il devra composer avec le recul enregistré au T1.
L’inflation, elle, devrait remonter légèrement à 1,5% sur un an en juin 2026, contre 1% l’an passé, sous l’effet des prix de l’énergie et de l’alimentation, selon l’Insee. Un niveau qui reste “significativement plus faible en France que dans les autres pays européens”, note l’institut. Par ailleurs, l’économie française a détruit 40 000 emplois en 2025, malgré la résistance relative de la croissance. La séquence T2 2026 sera déterminante pour savoir si l’économie rebondit ou confirme son essoufflement.
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
- Mégafeux, IA, météo et images satellites, les modèles des chercheurs affinent le risque, ce qui change pour les pompiers - juillet 30, 2026
- L’IA et l’expert-comptable en 2026, saisie automatisée, conseil renforcé, ce qui change pour les dirigeants de PME - juillet 30, 2026
- Chrome, Firefox, Safari, les paramètres simples pour réduire les aperçus IA, ce que Google Search impose vraiment - juillet 29, 2026
