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Des sessions pour croiser des créatures fantastiques, prises en charge par France Travail : le cas fait polémique et pointe un déficit de contrôle sur l’usage des fonds publics dédiés à la formation.
L’information est parue dans La Dépêche du Midi. France Travail aurait proposé et financé des formations dont l’objet consiste à rencontrer des gnomes, des elfes et des dragons, dans le cadre d’activités de type jeu de rôle grandeur nature.
Formations au GN : ce que France Travail a financé
Le jeu de rôle grandeur nature, dit GN, est une activité ludique et culturelle dans laquelle les participants incarnent des personnages fictifs dans des décors aménagés. Des organismes de formation ont intégré ces pratiques à leur catalogue, et France Travail les aurait référencées et co-financées au titre du compte personnel de formation ou d’autres dispositifs publics.
La démarche soulève une question concrète : comment des formations à contenu aussi éloigné d’un débouché professionnel identifiable se retrouvent-elles dans les systèmes de financement de France Travail ?
Un contrôle des dépenses de formation régulièrement critiqué
Ce n’est pas la première fois que le système de financement de la formation professionnelle en France est mis en cause pour son manque de sélectivité. Le Compte personnel de formation a déjà été ciblé par des rapports pointant des dépenses sans lien avec l’emploi, et le gouvernement avait introduit en 2023 un reste à charge de 100 euros pour freiner les inscriptions opportunistes.
France Travail, qui gère l’accompagnement des demandeurs d’emploi et dispose de budgets de formation, opère avec des règles d’éligibilité qui autorisent une palette large d’activités dès lors qu’elles sont rattachées à un projet professionnel, même ténu.
La question de l’argent public derrière le folklore
L’aspect anecdotique de l’affaire ne doit pas masquer l’enjeu financier. Les budgets alloués à la formation par France Travail représentent plusieurs milliards d’euros par an. Chaque formation validée sans lien réel avec un retour à l’emploi ampute cette enveloppe au détriment de formations qualifiantes dont les bénéficiaires ont un besoin documenté.
La Dépêche n’indique pas le montant précis engagé sur ces formations spécifiques ni le nombre de bénéficiaires concernés. France Travail n’a pas, à ce stade selon la source, communiqué de réponse publique sur ce cas particulier.
