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Ninety-three milliards d’euros, 71 projets, plus de 15 000 emplois : la neuvième édition de Choose France, tenue le 1er juin 2026 à Versailles, pulvérise tous les précédents.
Ce lundi matin, avant même de rejoindre le château de Versailles pour accueillir les PDG étrangers, Emmanuel Macron a annoncé depuis l’Élysée le montant total des investissements confirmés pour cette édition. Quatre-vingt-treize milliards d’euros. Le chiffre, à lui seul, raconte la démesure de l’exercice : cette neuvième édition dépasse la somme cumulée des huit précédents Choose France, qui s’élevait à 87 milliards d’euros.
Le record précédent, établi lors de l’édition 2025, paraît désormais anecdotique. Cette année-là, l’Élysée avait affiché 40 milliards d’euros, dont 20 milliards de projets réellement nouveaux et 20 autres milliards déjà annoncés en février lors du sommet dédié à l’intelligence artificielle. Le saut, d’une édition à l’autre, est sans précédent.
SoftBank, 75 milliards d’euros et la mise sur l’IA
Le moteur de cette envolée a un nom : SoftBank. Le fonds japonais spécialisé dans les technologies a annoncé un investissement de 75 milliards d’euros en France, consacré aux infrastructures liées à l’intelligence artificielle, notamment des data centers. Masayoshi Son, son président, avait évoqué ce projet colossal dès le samedi précédant le sommet, dans les colonnes de La Tribune Dimanche. À lui seul, cet engagement représente près de la moitié du volume global annoncé lors du sommet. [4]
La France mise sur un argument de poids pour attirer ce type d’investissements : son énergie décarbonée. La disponibilité d’électricité bas carbone, portée par le parc nucléaire, constitue un différenciateur réel face à ses voisins européens dans la course aux data centers et aux capacités de calcul pour l’IA.
| Édition | Montant annoncé | Dont projets nouveaux | Emplois attendus |
|---|---|---|---|
| 2025 | 40 milliards d’euros | 20 milliards d’euros | Non précisé |
| 2026 | 93 milliards d’euros | 93 milliards d’euros | Plus de 15 600 |
Source : Les Echos
71 annonces, des acteurs qui vont au-delà de la tech
Les 71 projets recensés ne se limitent pas à l’intelligence artificielle, même si ce secteur capte l’essentiel des volumes. Le canadien Brookfield Asset Management s’est engagé sur un investissement de 10 milliards de dollars pour un data center d’un gigawatt dans le Nord de la France. Mars et Salesforce figurent parmi les autres entreprises ayant renforcé leur présence dans le cadre de ce sommet, selon Les Echos. [2]
L’Élysée précise que les projets annoncés devraient générer plus de 15 600 emplois. Un chiffre à mettre en perspective : il s’agit de créations attendues, pas encore effectives. La question de la concrétisation des engagements pris lors des précédentes éditions reste posée, comme le notent plusieurs médias ayant couvert le sommet.
SoftBank, IA et emplois : ce que cache le record
Le dernier Choose France de Macron, une sortie en fanfare
Cette neuvième édition revêt une dimension politique particulière. Emmanuel Macron, dont c’est la dernière participation au sommet en tant que chef de l’État, avait fait de l’attractivité économique de la France un pilier de sa politique. Chaque année, l’exercice implique des tractations jusqu’au dimanche soir pour maximiser le chiffre affiché. [1]
Le contexte international n’a pas facilité la tâche. La guerre au Proche-Orient et ses répercussions sur l’économie mondiale pesaient sur le moral des investisseurs. Malgré cela, le bilan 2026 dépasse toutes les attentes, porté en grande partie par un seul acteur et un seul secteur.
C’est précisément ce point de concentration qui suscite des interrogations. Près de 80 % du montant total annoncé provient de SoftBank et de ses projets d’infrastructures IA. Si cet investissement ne se concrétise pas dans les délais annoncés, la photographie d’ensemble change radicalement.
93 milliards sur le papier, le vrai test viendra après
Choose France reste un exercice d’affichage autant qu’un outil de politique économique. Les engagements sont annoncés lors du sommet, mais leur réalisation s’étale sur plusieurs années, et leur suivi reste peu formalisé. [5]
Les éditions passées ont montré que les promesses d’investissement se traduisent inégalement en emplois ou en capacités industrielles effectives. Les 87 milliards cumulés sur huit ans n’ont pas tous débouché sur des réalisations traçables. La neuvième édition, avec son montant sans précédent, posera la même question à ses successeurs : combien de ces 93 milliards seront effectivement investis, et dans quels délais ?
Pour l’heure, le chiffre existe, les protocoles sont signés, et la France dispose d’un argument concret dans la compétition européenne pour attirer les capitaux liés à l’intelligence artificielle. L’énergie décarbonée, la stabilité réglementaire relative et la densité du tissu académique et technologique français constituent des atouts réels. Reste à transformer cet afflux d’annonces en projets livrés.
Choose France 2026 : les chiffres records à retenir
- 93 milliards d'euros annoncés le 1er juin 2026 à Versailles, soit plus que les huit éditions précédentes réunies.
- SoftBank s'engage seul à hauteur de 75 milliards d'euros pour des data centers et infrastructures IA en France.
- 71 projets au total, impliquant des acteurs comme Brookfield Asset Management, Mars et Salesforce.
- Plus de 15 600 emplois attendus selon l'Élysée, sur la durée de réalisation des projets.
- L'édition 2025 détenait le précédent record avec 40 milliards d'euros, dont seulement 20 milliards réellement nouveaux.
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
- Aides à l’achat d’une voiture électrique en 2026 : les montants et les modèles éligibles - juillet 1, 2026
- Choose France 2026 : 93 milliards d’euros, un record qui dépasse à lui seul huit ans d’éditions - juillet 1, 2026
- 2015, en 2026, de nouvelles hauteurs d’eau sur Noirmoutier, ce que le PPRL doit revoir en urgence - juillet 1, 2026
