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L’activité française s’est contractée en mai 2026 au rythme le plus vif depuis 2020, selon l’enquête PMI flash. Le PIB du premier trimestre a été révisé en territoire négatif, et les institutions internationales ont revu leurs prévisions à la baisse.
Le chiffre est sans ambiguité. L’indice PMI flash de mai pour la France, publié par S&P Global Market Intelligence le 21 mai, place l’économie française en contraction franche, avec un rythme de recul sans précédent depuis la période Covid-19. «L’enquête PMI flash de mai pour la France présente des chiffres alarmants. L’impact inflationniste du choc pétrolier continue de se propager, les indices des prix dans les secteurs manufacturier et des services étant à nouveau en hausse», note Joe Hayes, économiste chez S&P Global Market Intelligence.
La France tire vers le bas les indices européens. Le secteur manufacturier, en particulier, enregistre une contraction marquée en mai après un mois d’avril jugé satisfaisant.
Un PIB du premier trimestre révisé à -0,1 %
Ce signal d’alerte vient après une série de déceptions. Le 30 avril, l’Insee avait déjà annoncé une croissance nulle au premier trimestre 2026, pénalisée par une demande intérieure «atone» et une contribution du commerce extérieur «fortement négative». Le 29 mai, la même institution a révisé ce chiffre à la baisse : le PIB a reculé de 0,1 % sur les trois premiers mois de l’année.
L’«acquis de croissance» à fin mars se limite à 0,5 %. Pour tenir l’objectif gouvernemental de 0,9 % sur l’ensemble de 2026, il faudrait une progression d’environ 0,3 % à chacun des trimestres restants, selon le calcul exposé par Le Monde[5]. Une trajectoire que les indicateurs de mai rendent peu crédible.
L’inflation aggrave le tableau. Elle atteignait 2,2 % en avril, portée par une forte hausse des prix de l’énergie, avant de grimper à 2,4 % en mai. En février, avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, elle n’était que de 1 %[4].
L’OCDE à 0,7 %, le gouvernement Lescure sous pression
Le 3 juin, l’OCDE a abaissé sa prévision de croissance pour la France à 0,7 % pour 2026, invoquant les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur les coûts des entreprises et les délais d’approvisionnement[3]. La Commission européenne table sur 0,8 %, le FMI sur 0,7 %, contre 0,9 % retenu par le gouvernement de Roland Lescure[2].
Le ministre de l’Economie avait lui-même révisé la prévision gouvernementale d’un dixième de point en avril pour tenir compte des effets inflationnistes de la guerre. Le gel ou l’annulation de 4 milliards d’euros de crédits a depuis été acté. Le taux de chômage est repassé au-dessus de 8 %, selon Les Echos[1].
| Institution | Prévision croissance France 2026 |
|---|---|
| Gouvernement français | 0,9 % |
| Commission européenne | 0,8 % |
| FMI | 0,7 % |
| OCDE (révisé le 3 juin) | 0,7 % |
Source : Le Monde, Challenges
La France affichait pourtant 0,9 % de croissance en 2025, au-dessus des attentes initiales du gouvernement selon Challenges. Le retournement, alimenté par le choc pétrolier lié au conflit au Moyen-Orient, s’est produit en quelques semaines.
Sources
5 sources · 5 faits sourcés
