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La startup française Sirius Space Services a annoncé que ses futurs lanceurs décolleront depuis le Centre spatial guyanais de Kourou, en Guyane française.
L’information, révélée par Air&Cosmos, confirme l’ancrage de Sirius Space dans l’écosystème spatial européen. Fondée en avril 2020 et domiciliée à Nanterre, la société figure parmi les nouvelles pousses du New Space français qui misent sur un accès autonome à l’orbite.
Sirius Space Services reste une structure légère : douze salariés selon les données officielles de l’INSEE, dirigée par Antoine Christophe Fourcade en qualité de président, et François Maroquène comme directeur général. Pour une entreprise de cette taille, obtenir une base de lancement sur le pas de tir guyanais représente une étape structurante.
Kourou, un choix stratégique pour accéder à l’orbite
Le Centre spatial guyanais n’est pas un terrain vague. C’est l’une des meilleures positions de lancement au monde, à 5 degrés de latitude nord, qui permet d’atteindre les orbites basses et géostationnaires avec une économie de carburant significative par rapport aux bases européennes continentales. Pour une startup cherchant à optimiser la masse utile emportée, l’argument est difficile à contourner.
La concurrence dans ce segment s’intensifie. Des acteurs comme Rocket Factory Augsburg, Orbex ou encore HyImpulse misent sur des lanceurs légers depuis des sites européens. En positionnant ses tirs à Kourou, Sirius Space se distingue : elle s’appuie sur une infrastructure déjà opérée par le CNES et ArianeGroup, plutôt que de construire une rampe de zéro sur un site nordique.
Le choix de la Guyane implique aussi des contraintes réglementaires et des coûts d’accès que les petites structures ne peuvent pas toujours absorber. Sirius Space devra donc démontrer que son modèle économique tient à cette échelle.
Une filière New Space française encore en construction
Créée en plein confinement en avril 2020, Sirius Space a grandi dans un contexte où l’État français a accéléré ses soutiens au secteur spatial privé, notamment via le plan France 2030. La startup fait partie d’une génération d’entreprises qui cherchent à occuper le segment des lanceurs micro et nano, laissé vacant par les grands programmes institutionnels.
Avec douze salariés, la société n’a pas encore la surface d’un Exolaunch ou d’un MaiaSpace, la filiale d’ArianeGroup dédiée aux petits lanceurs. Mais l’accès à Kourou, s’il se concrétise selon le calendrier annoncé, placerait Sirius Space dans une position singulière parmi les startups françaises du secteur.
Les données officielles issues du registre INSEE indiquent que l’entreprise est toujours active, sous la forme juridique d’une SAS, avec un siège situé dans l’immeuble Bahia à Nanterre. Aucun effectif supplémentaire ni levée de fonds récente n’est mentionné dans les sources disponibles à ce stade.
Ce que ce lancement depuis Kourou implique
Souveraineté spatiale : le pari de rester en Europe
Le choix de Kourou envoie un signal clair sur la stratégie de Sirius Space : rester dans le giron européen plutôt que de chercher un site de lancement moins cher en Nouvelle-Zélande ou aux États-Unis, comme plusieurs concurrents l’ont fait. C’est un pari sur la souveraineté, mais aussi sur la crédibilité institutionnelle auprès des futurs clients gouvernementaux ou des agences spatiales.
La France dispose avec Kourou d’un atout que peu de nations européennes peuvent aligner. En accueillant des acteurs privés sur ce site, le CNES et les autorités françaises font le pari que la base guyanaise peut rester compétitive face à la montée en puissance des sites de lancement privés américains et néo-zélandais.
Pour Sirius Space, la prochaine étape sera de préciser le calendrier des premiers tirs et les caractéristiques techniques de son lanceur. Ces éléments, absents du communiqué relayé par Air&Cosmos, conditionneront la crédibilité commerciale du projet auprès des opérateurs de satellites.
Sirius Space à Kourou : les faits essentiels
- Sirius Space Services prévoit de lancer ses fusées depuis le Centre spatial guyanais de Kourou.
- La startup a été fondée en avril 2020 et emploie 12 personnes, selon les données INSEE.
- Elle est dirigée par Antoine Christophe Fourcade (président) et François Maroquène (DG).
- Son siège social est situé à Nanterre, dans l'immeuble Bahia.
- Kourou offre l'une des meilleures positions de lancement mondiales grâce à sa latitude de 5° nord.
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