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Bentley vient de donner un nom à son premier modèle tout électrique, prévu pour 2026. Une étape dans la conversion de la marque britannique au zéro émission d’ici 2030.
C’est l’une des dernières grandes maisons automobiles de luxe à franchir le pas. Bentley, filiale britannique du groupe Volkswagen, a officiellement baptisé son premier véhicule 100 % électrique. Le nom n’avait jusqu’ici pas été communiqué, maintenant le suspense sur l’identité de ce modèle qui doit marquer un tournant dans l’histoire de la marque.
La feuille de route est connue depuis plusieurs années : Bentley vise un catalogue entièrement électrifié d’ici 2030. Mais la route vers ce cap est plus sinueuse qu’annoncé.
Un lancement électrique programmé de longue date
L’ex-PDG de Bentley, Adrian Hallmark, avait tracé la trajectoire dès 2024. Il annonçait alors le lancement de quatre hybrides haute performance cette année-là, avant de préparer le terrain pour la première Bentley 100 % électrique en 2026. Selon Reuters, il avait lui-même déclaré que les hybrides resteraient probablement au catalogue au-delà de 2030, le temps d’amortir les investissements engagés.[1]
Ce positionnement prudent reflète les tensions du marché du luxe sur la période. En 2023, les ventes avaient reculé de 11 % après un record en 2022. Le bénéfice opérationnel avait atteint 589 millions de livres sterling cette année-là, en baisse de près de 17 % par rapport aux 708 millions de 2022, pour un chiffre d’affaires de 2,94 milliards de livres. La marge opérationnelle s’était tassée à 20,1 %, contre 20,9 % l’année précédente.[1]
| Indicateur | 2022 | 2023 |
|---|---|---|
| Bénéfice opérationnel | 708 M£ | 589 M£ |
| Chiffre d’affaires | 3,38 Md£ (estimé) | 2,94 Md£ |
| Marge opérationnelle | 20,9 % | 20,1 % |
| Évolution des ventes | Record | -11 % |
Source : Reuters
L’hybride rechargeable, pont obligé vers le tout-électrique
Avant d’en arriver là, Bentley a multiplié les versions hybrides rechargeables sur ses modèles existants. Le Bentayga, la Flying Spur et la Continental GT ont successivement reçu ce type de motorisation, avec des résultats contrastés en termes d’agrément selon les essais publiés.
La Continental GT Speed, présentée en 2024, incarne la transition la plus récente. Fini le W12 légendaire : place à un V8 hybride rechargeable développant 782 ch, capable de couvrir le 0 à 100 km/h en 3,1 secondes. L’autonomie en mode électrique pur atteint 81 km, utilisable jusqu’à 140 km/h. La batterie se recharge en 2h45.[5] Les prix de cette version n’ont pas été communiqués au lancement.
Le concept EXP 15, présenté plus récemment, a donné une première indication du langage stylistique prévu pour les futurs modèles électriques. La direction artistique de la marque se réinvente en profondeur, avec une face avant entièrement repensée sur la Continental GT Speed, qui arbore des phares uniques depuis les années 1950.[5]
Bentley électrique : les défis du passage au zéro émission
Hallmark est parti, Aston Martin l’a recruté
L’homme qui avait piloté cette stratégie n’est plus aux commandes. Adrian Hallmark, PDG de Bentley depuis février 2018, a quitté le groupe Volkswagen en mars 2024 à sa propre demande et par consentement mutuel, selon un communiqué de la marque. Il a immédiatement rejoint Aston Martin comme nouveau directeur général, en remplacement d’Amedeo Felisa.[4]
Ce recrutement illustre la valeur accordée à son profil dans le secteur du luxe automobile. Chez Aston Martin, Hallmark devient le troisième PDG depuis que Lawrence Stroll a pris le contrôle du constructeur en 2020 avec une participation de plus de 20 %.[4]
Ironie du calendrier : au moment où Hallmark quittait Bentley pour prendre les rênes d’Aston Martin, ce dernier annonçait justement reporter le lancement de sa propre première voiture électrique, faute de demande suffisante du côté des clients.
Le cap 2030 reste affiché, mais avec des marges de manœuvre
La promesse d’un catalogue 100 % électrique d’ici 2030 n’a pas bougé officiellement. Mais les déclarations d’Hallmark avant son départ laissaient entendre que les hybrides continueraient d’être vendus au-delà de cette date, pour permettre à la marque de rentabiliser ses investissements. Le marché du luxe ne suit pas toujours les calendriers industriels.
Du côté des clients, la sensibilité au changement est réelle. Hallmark avait évoqué en 2024 une “sensibilité émotionnelle” comme frein aux ventes sur certains segments, notamment chez les clients ayant opté pour des formules de leasing sur des véhicules dépassant 220 000 euros de prix catalogue hors taxes, dont les mensualités avaient triplé sous l’effet de la hausse des taux.[1]
Le nom officialisé du premier modèle électrique de Bentley marque une étape symbolique, mais c’est le carnet de commandes qui dira si la clientèle ultra-premium suit la marque dans cette direction.
Bentley dans le groupe Volkswagen : un poids lourd du luxe
Bentley occupe une place à part au sein du groupe Volkswagen, aux côtés de Porsche, Lamborghini et Bugatti. La marque est implantée à Crewe, en Angleterre, où l’artisanat reste au cœur du processus de fabrication depuis plus de vingt ans sous giron allemand.[2] Le département Mulliner, spécialisé dans les commandes les plus exclusives, produit par exemple la Batur en seulement 18 exemplaires.[2]
Cette capacité à pousser la personnalisation à l’extrême constitue l’un des leviers de rentabilité de la marque, même en période de repli des volumes. L’arrivée de l’électrique est présentée en interne comme une occasion de remonter encore en gamme, sur le segment ultra-luxe délaissé depuis la fin de la Mulsanne.[3]
Premier modèle électrique Bentley 2026 : ce qu'on sait
- Bentley a officiellement nommé son premier véhicule 100 % électrique, attendu en 2026.
- La Continental GT Speed hybride rechargeable développe 782 ch et offre 81 km d'autonomie électrique.
- Adrian Hallmark, ex-PDG de Bentley depuis 2018, a quitté le groupe VW en 2024 pour prendre la tête d'Aston Martin.
- Bentley vise un catalogue entièrement électrique d'ici 2030, mais les hybrides devraient rester au-delà.
- En 2023, Bentley a enregistré un bénéfice opérationnel de 589 millions de livres sterling, en baisse de 17 %.
- Le département Mulliner produit la Batur en série ultra-limitée de 18 exemplaires.
Sources
5 sources · 10 faits sourcés
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