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La neuvième édition de Choose France, le 1er juin 2026, a battu tous les records : 93 milliards d’euros de projets annoncés, portés par une concentration inédite d’investissements dans l’IA et les infrastructures de calcul.
C’est le chiffre que personne n’attendait à cette hauteur. Quatre ans après les premières éditions du sommet lancé par Emmanuel Macron, la machine a changé de dimension. L’IA et les centres de données ont pris le dessus sur la chimie, l’automobile ou la logistique des années précédentes. La France se positionne désormais comme la principale destination européenne pour les capacités de calcul, selon les déclarations du chef de l’État lui-même lors de la clôture de la journée.
Pour Macron, qui participait à ce sommet pour la dernière fois avant la fin de son mandat, l’enjeu était autant symbolique que structurel : transformer une série d’annonces en argument géopolitique face aux États-Unis et à la Chine sur la course aux infrastructures d’IA.
SoftBank, Brookfield, Salesforce : qui mise sur quoi
Le japonais SoftBank domine le tableau avec un engagement de 45 milliards d’euros d’ici 2031, extensible à 75 milliards à terme, fléché vers des data centers sur le territoire français. C’est le ticket d’entrée le plus lourd jamais annoncé lors d’un Choose France.
Le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield a pour sa part confirmé 10 milliards d’euros supplémentaires dans les infrastructures liées à l’IA en France, portant son engagement total potentiel à 30 milliards. Salesforce, l’éditeur américain de logiciels de gestion, a annoncé 2 milliards de dollars d’investissement d’ici 2030 : un pôle IA à Paris, associé à des programmes de formation et de développement de compétences. La société d’investissement Ardian et la plateforme nordique de data centers Verne ont annoncé un campus d’infrastructures numériques en Île-de-France, pour un montant pouvant atteindre 5 milliards d’euros, sans échéance précise fixée à ce stade. [2]
| Investisseur | Montant annoncé | Secteur |
|---|---|---|
| SoftBank (Japon) | 45 Md€ d’ici 2031 (75 Md€ à terme) | Data centers / IA |
| Brookfield (Canada) | 10 Md€ supplémentaires (30 Md€ total) | Infrastructures IA |
| Ardian / Verne (Europe) | Jusqu’à 5 Md€ | Campus numérique Île-de-France |
| Salesforce (États-Unis) | 2 Md$ d’ici 2030 | IA / formation |
| Amazon (États-Unis) | Non chiffré globalement | Logistique / 1 000 CDI |
Source : Le Figaro
Amazon s’installe en Pays de la Loire, 1 000 CDI à Derval
Amazon a choisi cette journée pour officialiser la construction de son premier centre de distribution dans la région Pays de la Loire, à Derval en Loire-Atlantique. Mille emplois en CDI sont annoncés. L’annonce illustre la double dimension du sommet : d’un côté les méga-investissements en data centers concentrés en Île-de-France, de l’autre des implantations industrielles et logistiques qui irriguent des territoires moins dotés. [1]
Macron a interprété l’ensemble du tableau comme une rupture de trajectoire : “Ces projets vont permettre de faire de la France de très loin le premier pays accueillant des centres de données et des capacités de calcul en Europe, et de faire de la France aussi le point avancé de la production de robots IA, d’industrialisation par l’IA.” Il a ajouté : “Nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe par rapport aux États-Unis et à la Chine.”
Data centers étrangers en France : souveraineté ou dépendance ?
Souveraineté numérique : l’ambition affichée, les questions qui restent
La concentration de ces annonces sur l’IA et les data centers pose une question que le sommet ne tranche pas : qui contrôle réellement ces infrastructures ? SoftBank, Brookfield, Amazon, Salesforce sont des acteurs non européens. Leurs investissements renforcent la capacité de calcul physique sur sol français, mais les données, les modèles et les algorithmes qui y tourneront restent sous gouvernance étrangère.
L’enjeu d’une infrastructure IA souveraine en Europe a d’ailleurs été soulevé lors des discussions parallèles au sommet, notamment sur les freins réglementaires et les initiatives à soutenir. [3] La question n’est pas nouvelle, mais l’ampleur des montants annoncés en 2026 lui donne une acuité différente : plus les volumes sont élevés, plus la dépendance potentielle s’installe dans la durée.
Mistral AI, acteur français de référence sur les modèles de langage, ou OVHcloud sur l’hébergement souverain, ne figurent pas parmi les annonceurs du jour. Le sommet Choose France, par construction, est une vitrine pour les capitaux étrangers cherchant à s’implanter, pas un accélérateur de champions nationaux.
L’emploi et la filière numérique française face à ces flux
Pour la filière tech française, les retombées concrètes dépendent de la chaîne de sous-traitance locale. Un data center construit par SoftBank en France crée des emplois dans le BTP, l’énergie et la maintenance, mais les métiers à forte valeur ajoutée, ingénierie des modèles, architecture des systèmes, restent souvent localisés dans les sièges des donneurs d’ordre.
L’annonce Amazon à Derval est, de ce point de vue, plus lisible : 1 000 CDI dans la logistique, territoire délimité, calendrier de déploiement à suivre. Les engagements en milliards d’euros sur l’IA, eux, se matérialiseront sur plusieurs années, avec des volumes d’emplois directs difficiles à anticiper.
Le sommet réunissait cette année 200 entreprises, fédérations professionnelles, organisations syndicales et patronales à Paris. La présence syndicale signale que la question des conditions de travail dans ces nouvelles implantations commence à s’inviter dans la conversation, au-delà des seuls montants d’investissement.
93 milliards d’euros : ce que ce chiffre dit de la compétition européenne
Comparer Choose France 2026 aux éditions précédentes n’est pas l’exercice le plus révélateur. Le vrai étalon, c’est l’attractivité relative de la France face à l’Allemagne, aux Pays-Bas ou à la Pologne sur les mêmes flux d’investissement technologique. Les données centres choisissent leur localisation selon trois critères : disponibilité d’énergie décarbonée, stabilité réglementaire, coût foncier. La France coche la case énergie nucléaire, ce qui explique en partie la concentration des annonces.
Pour Macron, ce bilan constitue un argument de sortie de mandat. Pour les acteurs de la tech française, la question concrète est celle de la continuité : les engagements pluriannuels de SoftBank ou Brookfield traverseront plusieurs gouvernements et plusieurs majorités. Les 75 milliards à terme de SoftBank s’étendent bien au-delà de 2031.
Choose France 2026 : les chiffres clés à retenir
- Le sommet Choose France 2026 a enregistré 93 milliards d'euros de projets annoncés, un record.
- SoftBank s'engage sur 45 milliards d'euros d'ici 2031 dans des data centers français, extensibles à 75 milliards.
- Amazon crée 1 000 CDI à Derval en Loire-Atlantique avec son premier centre de distribution en Pays de la Loire.
- Salesforce investit 2 milliards de dollars en France d'ici 2030, dont un pôle IA à Paris.
- Ardian et Verne annoncent un campus numérique en Île-de-France pouvant atteindre 5 milliards d'euros.
- C'était la dernière participation d'Emmanuel Macron au sommet, avant la fin de son mandat.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
- Thomas Pesquet et Arnaud Prost, deux missions vers l’espace en 2027 avec Vast - juillet 4, 2026
- Choose France 2026 : 93 milliards d’euros et la France premier pays européen pour les data centers - juillet 4, 2026
- Voiture électrique en France : la pause recharge change de statut selon Le Progrès - juillet 4, 2026
