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En une semaine, trois dossiers ont redessiné le paysage industriel de défense : Thales en démonstration à Eurosatory, l’accord franco-allemand sur le constructeur de chars KNDS, et le lanceur spatial Maia qui confirme son calendrier.
Le salon Eurosatory, qui s’est tenu mi-juin près de Paris avec plus de 2 000 industriels et 330 délégations étrangères, a servi de vitrine à Thales. Le groupe a présenté plusieurs systèmes inédits, dont une plateforme d’analyse de données d’entraînement militaire alimentée par l’IA et le RapidStriker, un système complet de protection contre les drones. Une fusée de 70 mm à guidage laser, conçue spécifiquement pour les opérations contre-drones, a également été lancée. Renault Group et Thales ont profité du salon pour dévoiler conjointement le 4 TROOP, un véhicule tactique destiné aux engagements terrestres futurs.
KNDS : Paris et Berlin enterrent une décennie de blocage
Le 22 juin, la France et l’Allemagne ont conclu un accord sur KNDS, le constructeur de chars franco-allemand. L’annonce intervient sur fond de tensions persistantes entre les deux pays après l’échec du SCAF, le programme d’avion de combat du futur. Catherine Vautrin, ministre des Armées, l’avait dit sans détour à la veille d’Eurosatory : “Le char du futur a pris dix ans de retard, on ne pourra pas attendre.” Un pré-démonstrateur du char CAPINT MBT, produit par KNDS, était exposé à Villepinte lors du salon.
La question de la gouvernance de KNDS empoisonnait les relations industrielles franco-allemandes depuis des années. L’accord referme ce dossier, au moins formellement, à un moment où le réarmement européen s’accélère sous la pression du contexte géopolitique et du retrait partiel des États-Unis.
Maia, le lanceur réutilisable français, cible 2027 depuis Kourou
Sur le front spatial, le lanceur Maia maintient son objectif de premier vol en 2027 depuis le Centre spatial guyanais, géré conjointement par le CNES et l’ESA. Conçu pour récupérer son premier étage par atterrissage vertical sur barge, à l’image du Falcon 9 de SpaceX, il vise des charges utiles entre 50 kg et plus de 1,5 tonne en orbite basse, avec une capacité pouvant atteindre 2,5 tonnes. [4]
Le positionnement est délibérément différent de SpaceX : là où le Falcon 9 emporte 15 tonnes, Maia cible les constellations de nano et microsatellites, un segment en forte croissance. Selon Patrick Aufort, ingénieur général de l’armement et directeur de l’AID, le recours à Maia par l’opérateur U-Space “consacre la nécessité de fédérer les acteurs du New Space français pour renforcer les capacités spatiales au sein de la dynamique de défense et ainsi garantir la souveraineté française.”
Sur le volet drones civils, le constructeur portugais Tekever a annoncé lors du sommet Choose France début juin qu’il doublerait son investissement en France à 200 millions d’euros sur cinq ans, contre 100 millions initialement prévus, avec des implantations à Toulouse et à Cahors. Fondé en 2001, Tekever emploie 1 300 salariés. [2]
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
- Ariane 64 : 32 satellites Amazon mis en orbite lors du premier vol en version lourde - juillet 6, 2026
- Eurosatory 2026, KNDS et Maia : trois signaux forts pour l’industrie de défense française - juillet 6, 2026
- VinFast lance le VF 2 : une citadine électrique affichée à partir de 188 millions de dôngs - juillet 5, 2026
