Sommaire
Venturi Space France annonce un investissement de 250 millions d’euros à Toulouse, avec pour objectif des missions habitées vers la Lune et Mars.
250 millions d’euros misés sur Toulouse
C’est à Ramonville-Saint-Agne, dans le Parc Technologique du Canal, que Venturi Space France a posé ses bases depuis janvier 2024. La société, présidée par Gildo Pallanca Pastor, vient d’annoncer un investissement de 250 millions d’euros concentré sur le site toulousain. Un pari de taille dans une ville qui héberge déjà Airbus Defence and Space, le CNES et un tissu dense de sous-traitants aérospatiaux.
Le choix de Toulouse n’est pas anodin. La capitale occitane dispose d’un vivier d’ingénieurs formés par Isae-Supaero et l’Université Paul Sabatier, d’infrastructures d’essais et d’une chaîne de fournisseurs rodée à l’exigeance spatiale. Pour une startup qui vise la Lune et Mars, s’implanter là revient à se placer au cœur du réacteur industriel français.
Gildo Pallanca Pastor face aux géants de la New Space
Derrière Venturi Space, on retrouve Gildo Pallanca Pastor, connu pour avoir fondé Venturi Automobiles, pionnier du véhicule électrique de compétition. Son entrée dans le spatial suit une logique de rupture technologique déjà éprouvée dans l’automobile.
Le terrain est pourtant encombré. SpaceX de Musk a déjà signé des contrats NASA pour le retour lunaire avec Starship. Blue Origin de Bezos pousse son propre programme lunaire New Glenn. En Europe, aucun acteur privé n’a encore atteint l’orbite lunaire en autonome. Venturi Space se positionne donc sur un créneau où la France n’a pas encore de champion national établi, mais où la concurrence américaine dispose d’une avance de plusieurs années et de budgets sans commune mesure.
La société reste à ce stade classée sans effectif déclaré auprès de l’INSEE, ce qui signale une structure encore en phase de montée en puissance plutôt qu’un industriel déployé à grande échelle.
Pourquoi ce pari spatial français interpelle
L’écosystème toulousain comme levier de crédibilité
Les 250 millions d’euros annoncés représentent un signal fort pour la filière spatiale française, habituée à des investissements publics via le CNES ou des tours de table discrets chez les startups comme Exotrail ou The Exploration Company. Un ticket privé de cette ampleur, concentré sur un seul site, est rare en dehors des États-Unis ou de la Chine.
Toulouse accueille déjà The Exploration Company, qui développe la capsule de ravitaillement Nyx pour la Station spatiale internationale. L’arrivée de Venturi Space avec une ambition lunaire et martienne densifie encore la carte New Space de la région. Pour la Région Occitanie et Toulouse Métropole, l’enjeu est de transformer cet afflux d’acteurs privés en emplois pérennes et en commandes pour les PME locales.
Lune, puis Mars : un calendrier encore à préciser
L’ambition déclarée de Venturi Space porte sur des missions vers la Lune dans un premier temps, avant d’envisager Mars. Aucune date de lancement n’est communiquée à ce stade. Le programme Artemis de la NASA prévoit un retour humain sur la Lune à horizon 2027-2028, ce qui fixe une fenêtre de référence pour tous les acteurs du secteur.
Venturi Space France, créée il y a dix-huit mois à peine, devra démontrer rapidement sa capacité à passer du stade de la déclaration d’intention à celui de la démonstration technique. Les 250 millions d’euros injectés à Toulouse constituent le socle de cette preuve.
Venturi Space Toulouse : les chiffres clés
- Venturi Space France est créée le 5 janvier 2024, siège à Ramonville-Saint-Agne (31).
- Gildo Pallanca Pastor préside la société, fondateur connu de Venturi Automobiles.
- 250 millions d'euros investis sur le site toulousain pour des missions Lune et Mars.
- La société ne déclare pas encore d'effectif auprès de l'INSEE.
- Toulouse abrite déjà Airbus Defence and Space, le CNES et The Exploration Company.
